samedi 29 avril 2017

Conan le Cimmérien, Le Phénix sur l'Épée et autres nouvelles, de Robert E. Howard,

Robert E. Howard n’imaginait pas un instant que le numéro de décembre 1932 de la revue Weird Tales allait faire entrer son nom dans l’histoire comme créateur de Conan le Cimmérien, barbare de l’Âge Hyborien et inventeur de l’Heroic Fantasy.

Les aventures de Conan sont une épopée haute en couleur, regorgeant d’exploits en tout genre, de personnages plus grands que nature, de décors fabuleux. Mais elles furent réarrangées après la mort d’Howard selon une chronologie arbitraire, réécrites ou modifiées par d’autres auteurs.
Il était temps de rendre son œuvre à son créateur en publiant l’intégrale des nouvelles de Conan dans leurs versions authentiques écrites par Robert E. Howard.

Ce premier volume présente les nouvelles suivantes :
- Le Phénix sur l’Épée
- La Fille du Géant du Gel
- Le Dieu dans le Sarcophage
- La Tour de l’Éléphant
- La Citadelle Écarlate
- La Reine de la Côte Noire
- Le Colosse Noir
Quatrième de couverture par SonoBook.
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Icône de la culture Fantasy, Conan le Barbare est surtout connu depuis qu’il a été immortalisé par les traits d’Arnold Schwarzenegger. On a retenu le film et les illustrations quelque peu machos, malgré tout, c’est un univers littéraire avant tout et il me plaît. J’étais heureuse de trouver l’audiobook des premières nouvelles écrites pas Robert E. Howard !
Et bien que la carrière d’Howard fût courte, bien que j’ai terminé ce premier volume, un second m’attend pour mon plus grand bonheur.

Une carte qui sera utile.

Le Phénix sur l’Épée (The Phoenix on the Sword),
Avec Le Phénix sur L’Épée, on entre dans le vif du sujet ! Un complot vise à renverser Conan, roi fraîchement couronné après avoir chassé du trône le tyran précédant et libérant tout un peuple. Mais enfin, ce n’est pas parce qu’on vit dans son palais qu’on a oublié d’être un barbare : Conan est reconnaissable avec son désir de se battre, sa franchise presque naïve et sa simplicité brutale. Conan, quand il n’aime pas, il frappe. Et j’aime cette philosophie de vie.
Mais que les lecteurs plus portés sur la réflexion ne fuient pas ! Cette première nouvelle n’est pas un enchaînement de bastons : le complot est ficelé. Mais ce qui l’est encore plus, c’est l’ambiance. Il se dégage quelque chose de cette nouvelle où on imagine l’Antiquité, l’Orient, quelque chose d’exotique (dans le sens lointain mais aussi original) : un cocktail très différent où on ne stagne pas sur l’éternelle Fantasy médiévale. Même si le travail de Robert Howard est plutôt "léger" car l’auteur a laissé peu de productions derrière lui, cela n’empêche pas son univers d’être travaillé, peaufiné.
On s’attache donc vite à cette brute qui règle les problèmes avec une arme ou ses poings mais qui possède une force de caractère qui laisse admiratif.

La Fille du Géant du Gel (The Frost-Giant’s Daughter),
Une nouvelle assez courte mais pleine de charme : comme une matinée d’Hiver en Finlande où la glace est mordante, piquante. Décidément, l’ambiance est le point fort de Robert Howard car ici, on ne baigne pas dans une lumière d’été ou de soleil ardent : on erre dans un désert de glace, rendant le décor à la fois beau et dangereux avec la touche principale : la fascinante Attali.
Comme pour la nouvelle précédente (et les suivantes), Howard développe les religions de son univers et on sent la nette influence des croyances nordiques.

Le Dieu dans le Sarcophage (The God in the Bowl),
Bon, une enquête, vous vous y attendiez ? Bah moi non plus. Et pourtant, Conan est bien pris pour le meurtrier de Kallian Publico et il va falloir qu’il se sorte de ce mauvais pas. Certes, Howard ne traite pas son sujet comme le ferait Agatha Christie ou Arthur Conan Doyle, elle a malgré tout son importance pour cette histoire : quelques points de réflexion guideront le lecteur pour démêler cette énigme, en plus d’une plongée dans les cultes religieux de cet univers.

La Tour de l’Éléphant (The Tower of the Elephant),
Une excellente histoire qui est assez émouvante. Ce qui est surprenant, c’est qu’on pourrait penser que les nouvelles de Conan pourraient être redondantes : violentes, sexy, bourrées de mythes… les ingrédients constants. Et bien pas du tout ! Certes ces mêmes éléments se retrouvent, en même temps que l’originalité (pour l’époque notamment qu’il fait partie des pionniers de la Fantasy) et pour peu qu’on s’y prête au jeu, l’émotion aussi, surtout dans celle-ci.
« En règle générale, les hommes civilisés sont plus malpolis que les sauvages car ils savent qu’ils peuvent se montrer grossiers sans se faire fendre le crâne pour autant. »

La Citadelle Écarlate (The Scarlet Citadel),
Il me faut bien une petite perte d’intérêt : La Citadelle Écarlate, à côté des précédentes, n’arrivait pas à me captiver vraiment. L’intérêt est présent, l’histoire est sympathique, mais c’est vraiment sans plus à cause d’un aspect plus brouillon, alors que Robert Howard avait conservé jusqu’à maintenant un certain souci du détail.
De plus, les complots de guerre ne sont pas vraiment ma tasse de thé et j’ai préféré les autres aventures. (et ce n’est pas pareil pour Le Trône de Fer : la géographie est mieux aboutie et les personnages sont bien plus nombreux)


La Reine de la Côte Noire (Queen of the Black Coast),
Décidément, on le comprend une bonne fois pour toutes : les serpents, c’est vraiment le mal dans l’univers de Conan ! Et Howard en rajoute une couche en nous entraînant en mer, seule décor que ses lecteurs n’avaient pas encore exploré.
Les lectrices trouveront leur bonheur dans ce monde de brutes avec une redoutable femme (qui sent bon le fantasme, mais bon) : Bêlit, reine des pirates, apporte une touche de romance qui adoucit ce récit.
Ce n'est pas un Jane Austen, mais cela reste beau et s'accorde bien à cette ambiance sauvage. Et non : on ne s’intéresse pas qu’aux seins de Bêlit, elle est plus qu’une beauté sulfureuse, rassurez-vous.

Le Colosse Noir (Black Colossus),
Une nouvelle qui verse aussi dans la romance, mais ici, quelque chose de plus pudique, de plus sensible avec la princesse Yasmela, moins "forte" que Bêlit (ou même Attali) mais qui apporte une touche féminine agréable. Avec cette présence, Conan prend plus des allures de chevalier blanc insoupçonné que du barbare. Ça change, mais enfin, ce n’est pas désagréable et ça ne sonne pas faux durant la lecture.
L’histoire, très rattachée à la religion inventée par Howard, est intéressante en plus.

Tout ça me laisse une impression très positive ! Conan le Cimmérien est une excellente surprise et je ne tarderai pas à me lancer dans le second volet qui me réserve sept autres nouvelles.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Conan est un héros inscrit depuis un moment dans la pop culture. Ses histoires n’ont pas été écrites seulement par la main de Robert E. Howard mais par bien d’autres auteurs comme Lyon Sprague de Camp, Lin Carter ou Robert Jordan. Certains textes premiers d’Howard ont même été retravaillés après sa mort prématurée, l’auteur s’étant suicidé à à peine 30 ans.

mercredi 26 avril 2017

Dracula, de Bram Stoker,

Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le comte Dracula, nouveau propriétaire d’un domaine à Londres. À son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula.
Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.
Très vite, il se rend à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…
Grand classique de la littérature de vampires, best-seller de tous les temps après la Bible, Dracula est une source d’inspiration inépuisable.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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La bannière de Google pour les 165 ans de Bram Stoker.

Il y a pile 119 ans et 11 mois, la maison d’édition Archibald Constable and Company publiait à Westminster le roman phare et intemporel de Bram Stoker : Dracula. Avec un tel surnom, je ne pouvais pas passer à côté du roman vampirique le plus connu à travers le monde.
Et bien ça y est : le vampire aigri a lu Dracula ! Un de mes deux objectifs de cette année, le second étant de lire du H. P. Lovecraft.

Un premier mot concernant les déceptions que Dracula a causées : oui, il s’agit d’un roman épistolaire où le lecteur ne lit que des lettres ou des extraits de journaux intimes. Si certains curieux ont des difficultés avec ce genre littéraire, il vaut mieux connaître ce détail avant de se lancer dans cette lecture.
Pour ma part, je n’ai pas trop saisi l’intérêt car Bram Stoker n’exploite pas pleinement ce style : les écritures ne ressemblent toutes, ne se démarquent pas et les extraits desservent même quelques événements de la lecture. Même si quelques détails ressortent bien, Dracula n’est pas le meilleur représentant du genre, à côté des Liaisons Dangereuses par exemple.

Ce que le genre épistolaire dessert vraiment ici, c’est la noirceur du roman. J’ai été très surprise de voir toute l’audace de ce roman qui a pourtant été publié en 1897 : sanglant, érotique, malsain… La lutte manichéenne par la suite atténue la dimension cruelle mais enfin, Bram Stoker n’a rien à envier à Pierre Lemaître avec des nourrissons dévorés par des vampires, des séductions osées avec des descriptions très charnelles et des événements surprenants à faire froid dans le dos.
Je pense ceci dit qu’une narration directe aurait permis de mieux rentrer dans l’atmosphère. Mais peut-être que cette barrière était nécessaire au risque de passer par la trappe de la censure ?


Les hommes sont assez insipides dans Dracula, mais la force vient des femmes (même si Mina se fait jeter à la trappe pour sa propre sécurité à un moment : Bram Stoker vivait au XIXème et pas au XXIème, ça se sent, autrement, il se serait attiré les foudres des féministes, l’idée m’a faite rire !). Mina et Lucy sont deux personnages que j’ai trouvés très intéressants : victimes toutes désignées d’un vampire, les étreintes monstrueuses attendent le lecteur à certains chapitres, faisant rêver et cauchemarder à la fois.
L’une contrebalance avec ces démons suceurs de sang, étant un exemple de pureté, l’autre est une innocente qui est noyée dedans : les scènes où Lucy est convalescente sont très longues, trop même, et auraient pu être abrégées pour amener plus vite vers les moments forts de ce personnage, des moments où j’ai été vraiment émue.

La fin abrupte me pose problème même si la tension est au rendez-vous. Cette lutte manichéenne est typique de l’époque et c’est aujourd’hui un peu facile à lire. Ceci dit, ça n’empêche pas l’auteur de faire du comte Dracula un personnage très charismatique : j’ai adoré cet homme, ce méchant, cette ombre. Il apparaît assez peu finalement mais il est là quand même, il est présent et il échappe même aux lecteurs. Et ce jeu est très impressionnant.

« On ne pouvait distinguer personne d’autre sur le pont. Une terreur incroyable s’empara de tous les témoins quand ils comprirent que c’était par suite d’un véritable miracle que le navire avait trouvé le port, sans que nul le conduisît, hormis la main d’un cadavre ! »
P. 124

Ce que j’ai retenu finalement de Dracula, c’est que le vampire a des paumes poilues. Erk. Et que ce roman peut sans peine s’inscrire dans les classiques à lire.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le comte Dracula aurait été inspiré par Henry Irving (1838 – 1905) qui n’est pas moins que le premier acteur à recevoir en récompense le titre de chevalier en 1895. Les deux hommes étaient proches et se connaissaient, Bram Stoker, un an après la mort d’Henry Irving a publié une biographie de son ami en deux volumes intitulé Personal Reminiscences of Henry Irving. (Entre nous, Henry Irving est certainement un ancêtre de Benedict Cumberbatch)
• L’édition du Livre de Poche propose un extrait de Dracula l’Immortel qui a été écrit par Dacre Stoker (le neveu lointain de Bram Stoker) et Ian Holt, d’après les notes de Stoker : l’auteur avait fait une liste de personnages qui n’apparaissent pas tous, notamment l’inspecteur Cotford et qui a sa place dans Dracula l’Immortel.



lundi 24 avril 2017

La Curée, d'Emile Zola,

À la fin d’une chasse, pendant la curée, les chiens dévorent les entrailles de la bête tuée. Pour le jeune Zola, qui déteste son époque, c’est le cœur de Paris, entaillé par les larges avenues voulues par Napoléon III, que des spéculateurs véreux s’arrachent. Ce deuxième volume des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, est l’un des plus violents. Zola ne pardonne pas ces fortunes rapides qui inondent les allées du Bois d’attelages élégants, de toilettes et de bijoux éclatants. Aristide Saccard a réussi, mais tout s’est dénaturé autour de lui : son épouse, Renée, la femme qui se conduit en homme, si belle et désœuvrée ; son fils Maxime, l’amant efféminé de sa belle-mère. On accusa Zola d’obscénité. Il répliqua : « Une société n’est forte que lorsqu’elle met la vérité sous la grande lumière du soleil. » 
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche (Les Classiques de Poche).
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« — Vous allez voir, murmura M. Hupel de la Noue ; j’ai poussé peut-être un peu loin la licence poétique ; mais je crois que l’audace m’a réussi… La nymphe Écho, voyant que Vénus est sans puissance sur le beau Narcisse, le conduit chez Plutus, dieu des richesses et des métaux précieux… Après la tentation de la chair, la tentation de l’or.
— C’est classique, répondit le sec M. Toutin-Laroche, avec un sourire aimable. Vous connaissez votre temps, monsieur le préfet. »
P. 296

C’est dommage d’avoir ouvert La Curée en période de révisions car j’aurai fini ce second tome des Rougon-Macquart bien plus tôt sans ça, car cette lecture fut excellente !
La Fortune des Rougon avait été une lecture lente où j’avais pris beaucoup de notes (j’ai conçu un carnet tout Rougon-Macquart) et la première partie très axée généalogie n’était pas facilement digeste. Mais enfin, si Zola s’était étendu au lieu de balancer toutes les infos, sa saga ne ferait pas vingt tomes mais trente.

La Curée ne souffre pas de ce handicap : ce tome commence fort, il est rythmé et je sens que je rentre vraiment dans le monde de ce naturaliste accusé d’obscénité. J’avoue que La Curée m’a surprise à plusieurs reprises : Emile Zola ose, il fonce même dans le lecteur en le heurtant avec des sujets que je n’aurais jamais cru lire dans un classique de la littérature française (comme quoi, non : les classiques ne sont pas toujours chiants). Je vous laisse découvrir l’audace de l’auteur, mais en tout cas, George R. R. Martin peut aller se rhabiller avec son Trône de Fer jugé trash.

Je ne dirais pas que La Curée est sanglant : pas de meurtre, pas de sang… La violence seulement suggérée mais suffisamment mise en évidence. Je vais même me risquer à affirmer que Zola est facile à comprendre : il a une écriture fluide, accessible et il suffit de rentrer dans l’histoire pour saisir les métaphores et adhérer à son écriture très imagée. À titre d’exemple : on n’assiste à aucune curée dans le roman, mais le bal où les riches se jettent sur le buffet dans des costumes de valeurs, où ils se vautrent sur les nappes et se marchent dessus est un écho évident, mais habile et efficace.
Je vais continuer d’exprimer mon amour pour le style de Zola, car je n’écrirai jamais assez d’éloges sur cette écriture vraiment magnifique. Elle est complète, elle est réfléchie, elle est poétique…

C’est d’ailleurs cette écriture qui porte les moments les plus forts. J’ai été marquée par cette opposition entre les salons saturés de faste, de luxe et de lourd qui sert de verni à une société en réalité sauvage, un trait qui s’exprime, de façon plus doute, dans les jardins, les parcs… Toute cette vergeture est un élément récurrent, qui entoure le personnage de Renée Saccard et traduit son âme farouche, libre.

Comme pour La Fortune des Rougon, les personnages ne sont pas sympathiques mais Zola ne s’encombre pas de manichéisme : c’est le principe du naturalisme après tout que d’analyser l’homme sous les lumières de la vérité. Et ici, c’est un pari réussi, car si le style est réfléchi, les personnages le sont également, et je les ai aimés dans leur rudesse, leur perversité et leurs projets.
« — Oh ! ces affaires !... J’ai la tête brisée, ce matin… Allez, je vais signer ce billet de quatre-vingt mille francs. Si je ne le faisais pas, ça me rendrait tout à fait malade. Je me connais, je passerais la journée dans un combat affreux… J’aime mieux faire les bêtises tout de suite. Ça me soulage. »
P. 203

J’ai donc lu les deux premiers tomes des Rougon-Macquart, il m’en reste dix-huit et ça ne me fait pas peur : j’espère bien tous les lire et savourer chaque tome si la qualité est au rendez-vous comme ça. Zola s’inscrit déjà parmi mes auteurs favoris.
Je ne relis jamais, toutefois Victor Hugo a écrit à Zola le 25 octobre 1871 « Le succès, c’est d'être lu ; le triomphe, c’est d'être relu. » : je relis mes passages favoris, donc c’est tout comme !

La couverture me permet de valider l’idée n°44 du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Zola écrit sur la vie faussement huppée des arrivistes, les nouveaux riches de Paris, et se concentre sur deux éléments qu’il met en avant : « l’or et la chair ». Mais il apporte aussi un véritable travail sur l’architecture de Paris et les changements que va apporter le baron Haussmann.

jeudi 20 avril 2017

Le blog a 5 ans !



Dans cette période de creux dans mes examens, je pense à faire un petit article anniversaire, car ce n’est pas rien : les Lectures du Vampire Aigri fêtent leurs 5 ans ! Le “premier” beau chiffre ! 5% d’un siècle (tandis que je vais fêter le quart, moi. Le quart du millénaire, bien sûr)

Je pourrais organiser un concours, mais je ne vais pas le faire. Je pourrais me moquer des mots-clés, mais il y en a peu cette année (la grosse majorité était raccord avec le blog et concernaient des lectures, c’est dommage). Je vous partage quand même ceux qui m’avaient frappée :

  • skyrim se (se ? se ? on se saura jamais ce que Skyrim se fait)
  • skyrim que va devenir le dovahkiin
  • ennui roman david copperfield
  • un gars est une fille les fourie rire (après la routourne va tourner)
  • mystere est un genre

J’avais prolongé ceci dit le sondage concernant le retour des livres à la bibliothèque (et la fin est pour aujourd’hui, je n’avais même pas fait attention). Pour rappel, il y avait quatre réponses possibles :

  • Bien avant la date butoir (dès que vous les terminez, quoi).
  • Pile le jour-J, vous les gardez jusqu'au bout. Au cas où.
  • En retard... Mais pas beaucoup, hein !
  • Heh ? Mais vous n'empruntez jamais à la bibliothèque...



Si vous avez raté le sondage et que vous voulez voter, dîtes en commentaire ce que vous faîtes ! Mais sachant que la majorité c’est le retour en retard, il y aura peut-être moins d’aveu sans anonymat ! Ahah !
Ceci dit, ça m’a fait rire : j’ai tendance à ramener mes livres pile le jour-J, mais les imprévus arrivent parfois et je culpabiliserai moins la prochaine fois que je serai en retard~

Je vais en profiter pour lancer un autre sondage : je laisse le mystère sur la question puisque ma décision est déjà plus ou moins prise, vous saurez ce soir le nouveau sondage qui ne restera pas longtemps, c’est le temps d’avoir une vraie idée de sondage.
Ouais, je comble.

L’an dernier, je disais « bientôt la crise des 5 ans » et avec mon manque de temps libre en ce moment, je confirme : c’est la crise en mode coup de vieux. Je n’ai même pas eu le temps de faire une petite bannière. L’an prochain, j’attaque un master (enfin, j’espère) donc j’aurai encore moins je temps… Par contre, vivement les 7 ans pour faire une vraie crise d’adolescent !
Et puis, le 7 est mon chiffre fétiche.

Vais-je arriver jusqu’aux 7 ans ? Oui. Malgré cette période de creux, j’aime toujours autant tenir ma crypte en ordre et même si mes lectures pour mon mémoire vont me prendre beaucoup de temps prochainement, je penserai à les chroniquer (car j’ai mon sujet et j’espère vous faire découvrir des livres placés sur l’autel du crime).
En tout cas, merci à tous ceux qui continuent de me suivre ! Ça me fait plaisir de venir voleter sur vos blogs même si je ne commente pas toujours (j’accumule les articles et je les commente tous à la suite en fait), vos découvertes sont les miennes et j’espère que mes articles vous apportent la même chose.
Morsures sur vos cous, les gens~
(mais rien de sexuel, nan mais oh, ça va oui ?!)


vendredi 31 mars 2017

La Mouche, suivi de Temps Mort, de George Langelaan,

« À la mémoire des futures victimes de la relativité. » Pour le lecteur du recueil, la dédicace de « Temps mort » résonne comme une menace et les mésaventures d’Yvon Darnier comme un avertissement. Victime d’une expérience scientifique mal maîtrisée, ce dernier est projeté dans un monde où le temps paraît suspendu et la vie arrêtée. Le sort de Robert Browning dans « La Mouche » n’est pas moins tragique quand, à l’issue de sa tentative de téléportation ratée, il découvre avec effroi qu’il n’a plus tout à fait apparence humaine.
Voici deux histoires terrifiantes, deux chefs-d’œuvre du genre dans lesquels la science nous ouvre les portes d’une réalité étrange et saisissante.
Quatrième de couverture par GF Flammarion.
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Peu de gens connaissent George Langelaan, pourtant, il est l’auteur d’une nouvelle qui a donné le chef d’œuvre de David Cronenberg La Mouche (pitié, connaissez au moins cette perle du cinéma d’horreur-science-fiction, c’est un de mes films favoris).
J’adore la littérature horrifique, dans le fantastique, la peur cohabite avec la fascination pour ce qui est surnaturel et ces créatures qui déguisent beaucoup de peurs humaines et bien réelles finalement. La science-fiction (ou de son nom savant et contradictoire : le réalisme fantastique), rien n’est déguisé en revanche : c’est cash, même. La peur est plus percutante et il y a toujours cette supposition derrière "avec la science qui avance aujourd’hui, ça pourrait presque arriver". Et justement, ces deux nouvelles sont des cris contre les mauvais usages de la science. 
Et elles font mouche (admirez mon humour, allez, elle est gratuite).
D’ailleurs, George Langelaan dédie la premier nouvelle, La Mouche, à Jean Rostand : GF Flammarion laisse une note complète : « [Jean Rostand] fut un fervent défenseur de la vulgarisation scientifique et mit en garde ses contemporains contre les possibles dangers de la science laissée aux mains d’apprentis sorciers. » P. 33
La couleur est annoncée.

Cette première nouvelle, toutefois, est plus émouvante que réellement effrayante : le fait de connaître l’histoire dans ses grandes lignes a supplanté les effets de surprise… Mais tout de même ! La version de Cronenberg est très différente de cette de George Langelaan et connaître le film n’empêche pas la lecture. Beaucoup d’éléments changent et certains rebondissements viennent frapper.
George Langelaan s’essaie à l’enquête policière de plus, bien que forcément, avec un sujet de science-fiction, la résolution de l’énigme ne sera pas évidente, même si des doutes persistent. Maintenant, est-ce que ce mystère est terrifiant ? Est-ce que la réponse s’avère plus terrifiante encore ? Pas vraiment : j’ai surtout été émue par l’histoire de Robert Browning et de sa femme (qui est bien brave, au passage). C’est même dommage que La Mouche ne soit qu’une nouvelle : il y a une vraie matière à étendre en roman en jouant sur les relations (le narrateur est le frère de Robert Browning et tout porte à croire au début que sa belle-sœur a tué son frère).
Un très bon récit, mais qu’il faut compléter avec La Mouche de Cronenberg : bien plus effroyable et glauque, la dimension "corps malade en évolution" est mis plus en avant (et est plus intéressant).
Je ferme toujours les yeux quand Brundle-Mouche se nourrit, surtout avec cette méthode de consommation.

L’évolution de Brundle, très différente de celle de Robert Browning.
Je préfère Brundle ceci dit, le côté "scientifique timide" est l’origine du geek 
et Jeff Goldblum possède un certain charme.

Pour être honnête, j’ai préféré en fait Temps Mort, la seconde nouvelle : plus longue, elle joue vraiment avec les nerfs du lecteur et George Langelaan nous laisse dans un mystère total, au même titre que son protagoniste Yvon Darnier.
Suite à une expérience du docteur Pierre Martinaud, le militaire Yvon Darnier se réveille dans le laboratoire. Tout semble normal mais les personnes autour sont figées : les corps sont chauds mais aucune respiration, aucun battement de cœur, aucun mouvement… Et ce n’est pas seulement dans le laboratoire, même dans Paris : les horloges sont stoppées, les animaux sont immobiles également, jusqu’au soleil qui a arrêté sa course. Yvon Darnier est seul et il doit comprendre ce qu’il se passe.

« […], tel un nouveau Robinson Crusoé égaré dans le cœur de Paris, capable de voir et de toucher des millions de gens et pourtant complètement seul au monde, sans même un perroquet ou une chèvre, peut-être même sans un seul microbe pour m’aider à tomber malade et à mourir. »
P. 105

Le lecteur nage en plein brouillard et même s’il suit le protagoniste, le sentiment de solitude est contagieux.
J’avoue, cette nouvelle est glaçante et j’étais assez scotchée : tant à cause de l’ambiance que de la conclusion. Ce qui ne retire rien à l’émotion que j’ai ressenti à la fin de ma lecture. En plus, le mystère est maintenu jusqu’au bout et c’est d’autant plus savoureux car il est très ingénieux. 
Une excellente histoire.

C’est même dommage que les autres œuvres de George Langelaan soient si difficiles à trouver car ce recueil presque un coup de cœur et je serais ravie de relire sa plume.
J’ai eu du mal à dormir après tant le malaise était fort durant la lecture, mais pari réussi : j’ai lu de la science-fiction. De la science-fiction terrifiante.
Et par chance, depuis, j’ai dormi.

Grâce à la couverture, je peux valider l’idée n°132 du Challenge des 170 Idées (si, si, regardez bien : la bouteille de spray est à droite) :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Espion anglais (bien que né en France) mais également journaliste et bien sûr auteur, George Langelaan était bilingue et a écrit la majorité de sa bibliographie en français. La Mouche avait été écrit en français mais aussi en anglais et a été publié la première fois dans la revue Playboy en 1957 sous le titre de The Fly.

lundi 20 mars 2017

Lais, de Marie de France,

Contes d’aventures et d’amour, les Lais, composés à la fin du XIIème siècle par une mystérieuse Marie, sont d’abord, comme le revendique leur auteur, des contes populaires situés dans une Bretagne ancienne et mythique. Les fées y viennent à la rencontre du mortel dont elles sont éprises ; un chevalier peut se révéler loup-garou ou revêtir l’apparence d’un oiseau pour volet jusqu’à la fenêtre de sa bien-aimée.
Mais la thématique universelle du folklore est ici intégrée à un univers poétique à nul autre pareil, qui intériorise le merveilleux des contes de fées pour en faire l’émanation de l’amour.
Quatrième de couverture par Le Livre de Poche.
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Si vous aimez la Bretagne et le Moyen-âge, vous devez impérativement lire ce recueil de vieilles légendes de ces contrées celtes : le style médiéval peut rebuter, mais les histoires sont courtes, simples et bien souvent pleines de charme.

Et puisque nous fêtons aujourd’hui le printemps :
The Progress of Spring (1905), par Charles Daniel Ward

             Guigemar (Guigemar),
Le recueil ouvre le bal musical avec un conte très classique qui ne surprendra pas les lecteurs des légendes médiévales : un chevalier trop téméraire chassera une biche enchantée et, en la blessant, la flèche se retournera contre lui, ne pouvant être retirée que par une femme amoureuse. Après la malédiction, il y a l’amour entre le chevalier et la male-mariée qui se déclareront leurs sentiments sans pouvoir les afficher : le chevalier aura une chemise nouée que seule son aimée pourra défaire, tandis qu’elle portera une ceinture que seul son amour pourra défaire.
Bref, le quotidien de nos ancêtres du XIIème siècle, ils ne s’embêtaient pas avec les statuts Facebook, hé.
Rien de très claquant mais Guigemar met dans le bain.

             Equitan (Equitan),
J’ai déjà plus apprécié Equitan : le côté un peu moral n’est pas à prendre au sérieux avec une fin franchement burlesque. Si l’infidélité ne pose pas de problème dans Guigemar, dans Equitan, la méchanceté ajoutée fait qu’il y a une punition qui plane au-dessus des coupables.
Un humour certain dans ce lai qui se rapproche des contes burlesques de l’époque.
(Et il met dans le bain aussi. Vous voyez mon humour ?)

             Le Frêne (Le Fraisne),
Une histoire originale car Marie de France aborde le thème des jumeaux (une particularité de naissance qui posait problème au Moyen-âge) qui est peu utilisé dans les légendes médiévales.
Le récit est plutôt touchant avec l’aventure de cette jeune Frêne (oui, je parle de la demoiselle, là) et ce milieu religieux.

             Bisclavret (Bisclavret),
Loup-garou oblige, j’ai été emportée par Bisclavret ! D’autant plus surprenant que le loup-garou n’est pas le méchant de l’histoire, au contraire : c’est le personnage principal qui sera trahi par sa femme. À la base, en tant que créature maudite et effrayante, le loup-garou a le mauvais rôle, ici, il est au contraire soutenu.
Chose que je n’aurais jamais imaginé pour un récit médiéval !
Un lai que j’adore.


             Lanval (Lanval),
Héhé, le lai qui s’inscrit dans les légendes arthuriennes. Lanval est un récit que je suis même surprise de n’avoir jamais vu dans Kaamelott : un chevalier que tout le monde oublie sans cesse, y a de quoi faire de bons sketchs !
Autrement, Lanval n’a rien à envier à ses collègues Lancelot ou Yvain : son récit est intéressant et le côté féerique est bien plus appuyé que dans les autres légendes qui versent vraiment dans la merveille surprenante.

             Les Deux Amants (Les Dous Amanz),
Lai assez curieux, Les Deux Amants a un côté burlesque et ne possède aucun sérieux : la fin est même presque ridicule ! Comme une blague avec une chute (sans jeux de mots).
Vraiment pas le lai le plus marquant mais il fait sourire.

             Yonec (Yonec),
Un lai avec un air de légende : poème assez long, toute l’histoire est détaillée et bien construite. Yonec s’inscrit parfaitement dans les récits du Moyen-âge.
Métamorphoses, male-mariée, amour caché… il y a tout, même la demoiselle qui s’évanouit une paire de fois en quelques heures !
Un bon récit.

             Le Rossignol (Aüstic),
Malgré mon amour pour Bisclavret, Le Rossignol est certainement mon lai préféré : il est plein de poésie, tout en pudeur. Il s’écarte des merveilles et du surnaturel et serait presque un conte réel, rajoutant à l’émotion que Le Rossignol me laisse.
Si vous n’avez pas le courage de lire le recueil entier, lisez au moins Le Rossignol.


             Milon (Milun),
On retourne ici à un lai classique qui s’inscrit comme une énième légende médiévale. L’histoire est sympathique mais rien de très marquant, surtout après Bisclavret et Le Rossignol qui sortent clairement de l’ordinaire : passer après mes deux coups de cœur, c’est difficile.

             Le Malheureux (Chaitivel),
Tout d’abord commune, cette histoire offre en fait une conclusion en double teinte très intéressante : Le Malheureux peut aussi s’appeler Les Quatre Deuils et ces deux titres offrent un approfondissement intéressant.
Un lai très sympa.

             Le Chèvrefeuille (Chievrefueil),
J’ai eu un souci avec ce lai car il est très connecté au récit de Tristan et Yseult, récit que je n’ai pas encore lu. J’étais donc perdue, je ne comprenais pas grand-chose (ce serait comme lire le tome trois du Trône de Fer avant de lire le premier).
Donc je ne peux pas vraiment me prononcer : je relirai Le Chèvrefeuille une fois que j’aurai lu Tristan et Yseult.

             Eliduc (Eliduc),
Comme pour le premier lai qui met dans le bain, le dernier s’inscrit dans la lignée et clôture ce recueil avec cette aventure classique, histoire d’achever les impressions "légendes médiévales". Malheureusement, Eliduc n’a rien de très original et ne sort pas du lot.

Je termine donc ma lecture avec un avis mitigé : j’adore les légendes médiévales, j’ai eu de vrais coups de cœur pour certaines, autrement, d’autres sont nettement plus communes et s’effaceront assez vites de ma mémoire. Mais je ne regrette absolument pas ma lecture !

Grâce à deux lais, je peux rattacher ce livre au Challenge des Légendes Arthuriennes !

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Concrètement, Mairie de France "n’a rien inventé" : elle a surtout immortalisé des légendes connues en Bretagne. C’est ce qu’elle précise dans l’introduction.

jeudi 16 mars 2017

Anna Karénine, de Léon Tolstoï,

En gare de Moscou, deux jeunes gens s’aiment au premier regard. Femme d’un haut fonctionnaire, ornement de la société tsariste de son de son temps, Anna Karénine éblouit le frivole comte Wronsky, par sa grâce, son élégance et sa gaieté. À ce bonheur, à cette passion réciproque porteuse de scandale et de destruction, ils ne résistent pas longtemps.
En écho à cette tragédie programmée, on entend toute l’âme d’un peuple et les premiers craquements de l’Empire russe en train de se lézarder. L’inoubliable Anna Karénine, c’est l’apogée du génie littéraire de l’auteur de Guerre et Paix.
Quatrième de couverture par Pocket.
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« Elle venait d’entendre des mots que redoutait sa raison, mais que souhaitait son cœur. »
P. 157

Après Crime et Châtiment de Dostoïevski, il fallait bien que je parte à la rencontre de Tolstoï et son roman adapté un bon nombre de fois : Anna Karénine.
Même si c’est un des romans les plus connus de la littérature russe, je me suis toujours efforcée de ne jamais m’intéresser à l’histoire pour découvrir totalement le récit : je connaissais juste l’essentiel, c’est à propos d’une femme infidèle.

Tout d’abord, j’ai trouvé le genre de Tolstoï bien plus accessible que celui de Dostoïevski ! Moins torturé, moins monologué, Tolstoï enchaîne plus facilement les événements. J’ai trouvé toutefois qu’il manquait un peu de poésie, mais la faute en revient peut-être à la traduction assez simple (les annotations sont rares, tandis que dans Crime et Châtiment, toutes les onomastiques et jeux de mots étaient expliqués).
Cela ne retire rien à l’intérêt du récit toutefois : on suit deux histoires, deux romances, celle qui unit Anna et Alexis Wronsky et celle qui unit Lévine et Kitty.
(Oui, certaines éditions écrivent Vronski, dans la mienne, c’est Wronsky)
Alors certes, la plume de Tolstoï ne se concentre pas sur les décors russes et les jolies métaphores mais il arrive tout de même à instaurer une ambiance et préfère laisser de la place pour l’essentiel : les relations. C’est le ciment de ce roman.


Les personnages et leurs liens sont parfaitement mis en forme, le tout est réaliste dans cette culture russe : car certes, le décor n’est pas mis en avant, mais Tolstoï pose les questions qui tourmentent son époque (cette éternelle rivalité entre l’Europe et la Russie, jugée vieillie, le dur passage vers la modernité, les nouvelles visions religieuses…), faisant d’Anna Karénine un roman bien russe.
Mais ce sont surtout les personnages qui vont trancher pour l’avis final : si ni les Karénine, ni Lévine, ni Kitty ne fascinent, si leur histoire ne captive pas, Anna Karénine sera un long ennui de 980 pages. Pour ma part, je n’ai pas été très transportée par la romance qui lie Anna Karénine et Wronsky, car j’ai nettement préféré celle de Lévine et Kitty (couple avec une différence d’âge, alors forcément, je craque) : cette seconde romance est criante de réalisme, elle n’est pas toute rose mais il y a beaucoup de notes d’espoir. Typiquement ce que j’aime.
Pour en revenir à la première, j’ai été surprise de voir que l’infidélité arrive si vite (on est loin de Madame Bovary où Emma passe par les phases d’hésitation et de flirt). Tolstoï ne s’attarde pas sur les parades amoureuses : Anna tombe vite dans les bras de Wronsky et les doutes viendront plus tard, s’amplifiant. C’est ce point qui a été dérangeant : je sais qu’Anna est un personnage audacieux pour l’époque, moderne, mais sur la fin, elle est tout aussi hystérique qu’Emma Bovary et perd de son charme. D’autant plus que j’étais plus attendrie par le pauvre Alexis Karénine, malgré les défauts avancés, j’ai eu de la peine pour cet homme.

Au final, c’est un très bon roman, plus facile à lire que ce que j’avais cru (des lectures de début de semestre ont ralenti mon rythme, autrement, je l’aurai fini il y a un bon moment), totalement accessible pour les lecteurs d’aujourd’hui. Finalement, ce n’est pas le genre qui posera problème, il faudra s’intéresser aux personnages pour que ce grand classique soit un succès.
Quoiqu’il en soit, ça me met en confiante pour Guerre et Paix !... Mais je le lirai dans un bon moment.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Léon Tolstoï a été inspiré par l’histoire de la maîtresse de son voisin. Mais vous raconter le fait-divers serait spoiler le roman complet.