jeudi 22 juin 2017

L'Homme Invisible, d'H. G. Wells,

C’est un drôle de client qui s’est installé à l’auberge de Mme Hall ! Vêtu d’un grand chapeau, de lunettes noires et recouvert de bandages tout autour de la tête, l’inconnu s’est enfermé dans sa chambre avec des dizaines de petites bouteilles remplies de poudre et de liquides divers.
Que prépare-t-il ? Une chose est sûre, les villageois sont loin d’être rassurés !
Quatrième de couverture repris sur LivrAddict.
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Petite, j’étais fascinée par le vieux film de L’Homme Invisible datant de 1933 : cet homme recouvert de bandages, habillé de son propre mystère intrigue. Il attire alors que son caractère abject repousse. Je me souvenais de cette impression, mais seulement vaguement. Et comme le film a totalement déserté ma mémoire, j’en ai donc profité pour redécouvrir cette histoire avec la plume du créateur, celle d’H. G. Wells.

Malheureusement, la première chose que je déplore est justement cette plume : je ne sais pas si elle vient de la traduction (qui n’est pas toujours fameuse dans les œuvres libres de droits que l’on peut trouver gratuitement sur le net), mais j’ai trouvé certains passages brouillons, d’autant plus que les scènes de lutte sont nombreuses, ce qui n’aide pas, et une absence totale de charme… Pas de descriptions d’environs, pas d’atmosphère, pas d’efforts littéraires notables. Des articles de journaux sont écrits avec plus de cœur…

Par contre, L’Homme Invisible s’inscrit parfaitement dans les prémices de la science-fiction. Et puis, quitte à avoir une écriture chirurgicale, autant aller dans le détail qui frôle la science. Je ne m’attendais donc pas à avoir une explication sur le comment devenir invisible, et pourtant, Wells s’y risque, rappelant les découvertes atomiques qui ont marqué son siècle ! Un bel effort d’imagination et, comme le veut le genre, on en vient à se demander durant la lecture si ce phénomène ne serait pas effectivement possible ?


Le film a fait de ce scientifique une des icônes « monstrueuses » d’Hollywood au début du XXème siècle, mais L’Homme Invisible n’est pas un roman effrayant, j’en attendais malheureusement trop sur sa capacité à faire frissonner. Cette nouvelle a plutôt tendance à heurter, non à faire frémir : le scientifique agace et offense, mais il aurait pu être encore plus terrifiant (être attaqué par une chose invisible, voilà de quoi perturber).

C’est tout de même une lecture que je tenais à faire avant de revoir le film de 1933 et je ne la regrette pas malgré tout.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Aujourd’hui, c’est surtout le film de 1933 qui est connu, à l’instar du Dracula de 1931 avec Bela Lugosi ou le Frankenstein de la même année avec Boris Karloff : Griffin rejoint donc les fameux Universal Monsters. Et entre nous, je le trouve bien plus charismatique dans cette adaptation que dans la nouvelle d’origine.









mercredi 7 juin 2017

Héros ou Couple inoubliables [20],

              

Organisé par Cassie56, le rendez-vous hebdomadaire Héros ou Couple Inoubliables permet de laisser une trace, un article à propos d’un personnage héroïque ou d’une romance qui vous a marqué, ému ou ravi en répondant à trois questions.
Aucun jour n’est fixé, mais j’ai opté les mercredis pour mon blog.






    → Pourquoi ce couple ?
Car j’ai vraiment été touchée par ce couple durant ma partie : l’émotion vient en grande partie de la musique The Poet and The Muse, et je tenais à les inscrire dans les couples inoubliables.
    → Est-ce le couple principal ?
Pas vraiment : le couple principal est celui entre Alan et Alice Wake, mais enfin, j’ai nettement préféré ce couple en arrière-plan.
    → Quel aspect particulier de la relation vous a tant plu ?
Le côté clair-obscur de ce couple : avec The Poet and The Muse, on comprend tout l’amour qui liait Thomas et Barbara. Le fait qu’ils se retrouvent séparés non pas à cause de la mort (puisque Barbara meurt en se noyant) mais des pouvoirs occultes du lac ne brise pas leur relation : Barbare représente l’ombre, la noirceur, Thomas représente la lumière, l’éclat qui trouble presque. Et comme on se rend compte à la fin du jeu : ces deux forces sont complémentaires, elles ont besoin de l’une et de l’autre pour exister. Comme pour un couple.
Et j’ai trouvé ce contraste personnifié très beau.

(Et puis, je n’oublie la dame à la lumière, amoureuse de Thomas Zane, celle qui est devenue folle avec la nuit)

mardi 23 mai 2017

Top Ten Tuesday [28],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.





Mon thème pour aujourd’hui est…
Les 10 meilleures nouvelles de Sherlock Holmes, selon moi

Histoire de sortir des sentiers battus : si vous voulez lire des nouvelles d’Arthur Conan Doyle mais que vous ne vous sentez pas le courage de tout lire, j’ai sélectionné selon moi les nouvelles moins connues mais excellentes, celles qui valent la lecture.
J’ai juste inclus Un Scandale en Bohême car c’est un incontournable, mais le reste est peut-être bien évident.

#1
#2
#3
#4
#5
#6
#7
#8
#9
#10
#11

Je compte faire le même thème avec Hercule Poirot mais après la lecture des grands classiques comme Le Crime de lOrient Express.
À un prochain mardi !

lundi 22 mai 2017

Six mois dans la vie de Ciril, de Drago Jančar,

Un matin, Ciril joue la Marche turque de Mozart dans le métro de Vienne et croise l’étonnant Štefan Dobernik – slovène comme lui. En quelques secondes, la vie du jeune violoniste bascule Le lendemain, il rentre à Ljubljana dans la voiture de Štefan et devient son plus proche conseiller au sein de l’énigmatique D & P Investments. Là, il retrouve ses rêves et ses amours d’étudiant, passés au moulin du temps. Son épopée dérisoire ne dure que six mois, mais ceux-ci veulent tout dire…
Quatrième de couverture par Phébus.
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« Et elle attend que ça s’éclaircisse. Entre elle, Štefan et la femme de Štefan. Que Štefan n’aime plus, depuis longtemps déjà, pourtant il vit avec elle et ajourne toujours la décision qu’il aurait dû prendre il y a belle lurette. La décision, c’est se séparer de cette femme auprès de qui il vit et ensuite vivre avec elle qui n’est pas ici pour, éternellement, se cacher et attendre. Štefan peut prendre des décisions, ça, elle le savait bien, tous les jours, de grandes décisions, mais cette décision-là, manifestement il n’est pas capable de la prendre. »
P. 98

J’avoue que je n’aurais jamais lu ce livre (ou ne serait-ce qu’un auteur slovène) sans La Comédie du Livre 2017 : forcément, c’est grâce à eux que j’ai découvert ce très bon roman et je les remercie de m’avoir offert Six mois dans la vie de Ciril. Sans compter que j’ai accompagné l’auteur durant sa visite du salon et j’ai été ravie d’avoir eu cette fonction.
Alors un grand merci !

J’avoue encore que je n’étais pas très partante au début de cette lecture : ce n’est pas le genre de roman que j’ai l’habitude de lire et je n’en connais pas assez sur l’histoire de la Slovénie, j’avais peur d’être perdue. Mais finalement, j’ai vraiment aimé Six mois dans la vie de Ciril !

Déjà, bravo pour la traduction car il s’agit d’un roman porté sur la musique, la musicalité est très présente : Ciril Kraljevič est violoniste, Mme Dobernik écoute régulièrement des opéras (plus exactement Madame Butterfly, Cio-Cio-San), les concerts viennent animer le décor… Cet univers se reflète dans l’écriture digne d’un poème où les éléments sont récurrents et se répètent comme un refrain.
Pourtant, ce n’est pas un roman avec pour thème la musique, cet art sert de fond à un thème plus social : le fait de prendre sa vie en main. Ciril est un jeune homme qui souhaite vivre de sa musique mais baisse les bras après s’être heurté à quelques refus, il est embarqué dans le monde du chantier (côté patron, pas ouvrier) et découvre une mentalité étrange, inspirée par le capitalisme. Mais les prises de décision ne concerne pas seulement le plan professionnel, elles concernent aussi la vie sentimentale.

Bon, ce n’est pas un roman qui donne envie de rire, loin de là, il est plutôt déprimant même car, sans être trash, ces six mois dans la vie de Ciril se résument à une descente aux enfers de Mai à Novembre… Finalement, Drago Jančar démontre dans ce roman ce que, selon lui, il ne faut pas faire de votre vie.
Curieusement, si Ciril en a énervé plus d’un avec son côté passif, je n’ai pas été agacée par ce personnage (qui mérite un coup de pied au derche, c’est vrai, m’enfin) : perdu dans un nouveau monde à découvrir, je comprenais sa retenue. Mais enfin, celle que j’ai beaucoup aimé, finalement, c’est la femme de Štefan : personne plein de détresse, j’ai été très émue à cette femme-là.


Un roman donc très réussi, aussi bien sur le plan littéraire que sur le plan thématique puisque Drago Jančar aborde dans Six mois dans la vie de Ciril le passage à l’âge « vraiment adulte », la recherche d’une identité (qui parlera plus aux slovènes, qui viennent d’un pays récent, qu’aux français) et l’importance de se prendre en main avec une attention soignée, jouant avec la musique des mots.
Une lecture que je conseille pour les curieux de la littérature slovène.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• L’idée de ce roman est venue à Drago Jančar lors d’un voyage à Vienne : pendant deux semaines, un violoniste jouait régulièrement, jusqu’au jour où Jančar lui a parlé en slovène, se rendant compte que le musicien était slovène également. Mais le lendemain, le violoniste n’était plus là et l’auteur est rentré en Slovénie en se demandant bien qui était le violoniste et pourquoi il n’était plus là.

dimanche 21 mai 2017

Funérailles Célestes, de Xinran,

Funérailles célestes est une histoire d’amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d’une femme et d’une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique.
En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l’espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s’enrôle dans l’armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l’a préparée – le silence, l’altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d’errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.
Quatrième de couverture par les Éditions Philippe Picquier.
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Aperçu sur le blog d’Encres et Calames, Sia a partagé une chronique tellement enthousiaste que j’avais noté ce titre. À la base, bien qu’intéressée par l’Asie et son histoire, je n’aurais pourtant jamais remarqué ce roman, donc merci à Sia car je serais passée à côté d’un bien beau récit.

Plus qu’une opposition entre le Tibet et la Chine, Funérailles Célestes est un voyage dans l’inconnu poussé par l’amour : Wen n’est pas émouvante en soi mais par sa vie où, quelques mois tout juste après son mariage, son mari Kejun est envoyé loin d’elle au Tibet. C’est son aventure qui touche le cœur, sa détermination et son courage. Et le roman suit un double chemin : l’histoire d’amour à laquelle Wen refuse de renoncer et la découverte d’une autre culture pourtant voisine. L’équilibre entre ces deux fils est maintenu tout le long du roman.

C’est un très bon récit pour découvrir le Tibet sans tomber dans le roman "carte postale" : les paysages sont décrits avec justesse, sans verser dans une poésie qui maquille la réalité, et surtout, la culture est mise en avant. On se retrouve entre les tibétains comme notre nez se retrouve entre les pages, humant l’air rare en oxygène. On imagine sans peine ces montagnes immenses qui agrandissent davantage le ciel et donnent le vertige, vertige décuplé par la quête de Wen qui n’aura de réponse qu’à la fin de Funérailles Célestes : retrouvera-t-elle son amour ?
Les personnages sont un peu transparents, comme floutés dans ce décor immense, perdus dans cette nature. Certains passages font brouillon : il ne s’agit pas d’une lecture précise, elle reflète au contraire la peinture asiatique avec des lignes qui laissent imaginer, des esquisses épurées. Un rendu curieux mais finalement très agréable.

Un roman fort qui transporte aussi bien géographiquement que spirituellement et où je ne peux en dire davantage : ce serait briser le charme du roman de Xinran. Mais si vous voulez être ému, accordez un peu de votre temps à ce livre de 200 pages à peine, il vaut le coup.


             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le titre fait référence à une pratique funéraire qui existe au Tibet. Ce n’est pas un vrai spoil, mais la découverte est essentielle : je ne détaillerai donc pas ici, je vous redirige donc vers Wikipédia si vous êtes trop curieux. Attention, les images peuvent heurter.
• Le roman s’achève sur une anecdote curieuse : Funérailles Célestes serait le véritable témoignage d’une chinoise qui a longtemps vécu au Tibet et qui a confié son histoire à Xinran qui n’a plus eu de nouvelles depuis. Ce roman est une bouteille à la mer pour retrouver cette femme très curieuse.
• Xinran est le pseudonyme d’une femme de lettres chinoise mais qui écrit en anglais, possède la nationalité britannique et habite à Londres : d’où la double-nationalité de cette chronique.

mercredi 17 mai 2017

Héros ou Couple inoubliables [19],

              

Organisé par Cassie56, le rendez-vous hebdomadaire Héros ou Couple Inoubliables permet de laisser une trace, un article à propos d’un personnage héroïque ou d’une romance qui vous a marqué, ému ou ravi en répondant à trois questions.
Aucun jour n’est fixé, mais j’ai opté les mercredis pour mon blog.






    → Pourquoi ce personnage ?
Je pioche pour cette fois un personnage de saga MP3 car Wrandrall mérite qu’on s’arrête dessus cinq minutes (les sagas MP3, ce sont comme des audio-books pour moi, et Reflets d’Acide n’a rien à envier à des sagas Fantasy).
    → Est-ce le personnage principal ?
Dans la première saison, on pourrait dire que c’est presque le personnage principal : c’est lui qui lance la "Quête Sans-Nom" et le reste tourne autour de lui [spoiler] il libère sans le vouloir son père, l’affreux démon Bélial, doit, avec ses compagnons, réparer cette erreur… pour à la fin se sacrifier et se jeter dans l’oubli pour piéger son père. [/fin du spoiler]
    → Quel aspect particulier du personnage vous a tant plu ?
L’aspect de semi-démon trouillard déjà : Wrandrall n’est pas un cambion séducteur, beau, lubrique, prétentieux... Il est même l’inverse des personnages classés maléfiques qui n’ont peur de rien et sont parfaits qu’on a vus et revus comme Leland Gaunt dans Bazaar, Sebastian dans Black Butler, Crowley dans Supernatural, la Mère dans L’Enfant des Cimetières et j’en passe...
Wrandrall est peureux, pessimiste, malchanceux mais démoniaque quand même ! Pas spécialement sensible, ne se préoccupant pas des autres : on sent l’héritage mauvais et ça apporte une dimension double à ce cambion.
Ce qui fait de lui un héros, c’est son évolution : d’un neutre-neutre qui tire vers le démoniaque, il finit par devenir bon en s’opposant à son père.
La présence du père ajoute beaucoup au personnage, car je n’aime rien de plus que les relations parentales difficiles ! Bien qu’il s’agisse d’un contexte Fantasy mais le schéma suit certaines familles dans notre réalité : un fils qui refuse de suivre le chemin de son père, rejette son héritage, veut poursuivre ses propres buts, je suis sûre que vous avez connu la situation, chez vous ou chez quelqu’un d’autre.
Bref, un personnage que j’aime beaucoup.

Mais surtout : allez écouter Reflets d’Acide ! Le début est un peu lent, mais ensuite, 
c’est excellent.

mardi 16 mai 2017

La Femme qui donnait à manger aux chiens, de Kristien Hemmerechts,

« À l’été 2012, de vieilles blessures ont été rouvertes en Belgique quand on a su que Michelle Martin, l’ex-femme et complice de Marc Dutroux, serait libérée sur parole. J’essayais de savoir ce qui pouvait se passer dans sa tête. »
Kristien Hemmerechts

La Femme qui donnait à manger aux chiens est le roman de cette histoire terrible.
Elle est la femme la plus haïe de Belgique. Elle passe ses journées en prison, après avoir été la complice de terribles crimes sexuels commis par M, son époux et le père de ses trois enfants. Elle n’a jamais cherché à l’arrêter. Elle a fait tout ce qu’il lui demandait. Presque tout. Elle sera bientôt libérée sur parole, et transférée vers un couvent. Pour travailler. Et lorsqu’elle ne travaillera pas, elle priera. Qui est cette femme ? N'est-elle qu’un monstre sans scrupule ?
Quatrième de couverture par Galaade.
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« Il y a des fruits qui pourrissent sans jamais avoir mûri.
J’étais un de ces fruits. »
P. 243

Lecture particulière que La Femme qui donnait à manger aux chiens.
Cette femme nourrissait les chiens, mais n’a pas nourri les deux petites filles kidnappées par son mari et qui sont mortes de faim, alors que Marc Dutroux était en prison et que plus rien ne retenait Michelle Dutroux de libérer les deux petites.
Si la folie de Marc Dutroux a été confirmée depuis le début, celle de Michelle Dutroux, désormais Michelle Martin qui a retrouvé son nom de jeune fille, a toujours provoqué de vifs débats. Était-elle aussi perverse que son époux ? Ou était-elle aussi victime que les enfants ?

« Tu crois que c’est pour mon plaisir que je viole des femmes ? se plaignait-il. Tu ne comprends pas que je préférerais m’asseoir tranquillement chez moi devant la télé ? Ai-je demandé à avoir un pénis ?
— Non, chéri. »
P. 165

L’affaire Dutroux résonne encore 20 ans plus tard : Michelle Martin est libérée pour être emmenée dans un couvent, loin du monde. Pour la Belgique, peu importe qu’elle soit dans un couvent ou une maison : elle n’est plus en prison et c’est une honte, une insulte aux victimes et à leur famille. Au milieu, Kristien Hemmerechts ose écrire un roman qui tente de comprendre qui est cette femme la plus haïe de Belgique.

En 2012, quand la Justice a déclaré que Michelle Martin serait en liberté conditionnelle, 
les caricaturistes ont exprimé leur colère et leur désarroi.

Écrit à la première personne, le roman se présente comme un témoignage de la vie qu’a menée Michelle Martin, devenue Odette dans le livre. Son mari est devenu tout simplement M, qui peut vouloir dire Marc, Marc Dutroux, Monstre… Mais on ne peut se tromper sur les identités où les détails sont précis (l’amour pour le patinage artistique, le métier d’électricien, le côté possessif de la mère d’Odette, etc).

Ce monologue est un témoignage de la vie, avant et après les crimes, mais pas pendant : l’affaire Dutroux n’est pas perçue par Michelle pardon, Odette. En fait, elle n’est qu’abordée par bribes. Pourquoi cette femme n’a pas signalé à la police la présence des deux petites filles condamnées à mourir de faim ? Pourquoi les a-t-elle laissées mourir de faim ? Kristien Hemmerechts ne s’aventure pas sur ce plan juridique.
C’est même le seul défaut que je reproche à La Femme qui donnait à manger aux chiens (le livre, hein, pas la femme elle-même) : il est impossible de savoir le vrai du faux, l’affirmé du supposé, les faits du fictif. Il est facile de trouver des résumés de l’affaire Dutroux, le monstre qu’il était et l’ambiguïté de sa femme, si elle était cruelle ou manipulée, mais des documentaires qui s’intéressent à leur vie, la source de ces drames, le pourquoi du comment sont inexistants. Même plus, j’aurais aimé savoir si Kristien Hemmerechts avait contacté Michelle Martin pour discuter avec elle.

Par contre, j’ai beaucoup aimé ces réflexions travaillées, peu importe qu’elles soient recueillies auprès de Michelle Martin ou tout simplement imaginées : comment est le monde après vingt ans de prison ? Comment gérer les médias avec sa famille ? Pourquoi cette affaire continue de remuer la Belgique trente ans après alors qu’il y a eu d’autres drames ? Notamment le crime commis par Geneviève Lhermitte qui a tué ses cinq enfants.
Mais là encore, ça soulève un nouveau point et pour revenir au point précédent : la comparaison entre Michelle Martin et Geneviève Lhermitte vient-elle de l’auteure ou était-ce réellement une réflexion de l’ex-femme de Dutroux ?
[à gauche, Geneviève Lhermitte, celle qui a tué ses propres enfants, à droite, Michelle Martin, celle qui a tué indirectement les enfants d’autres parents.]

Même si je reste sur ma faim (sans jeu de mots horrible) concernant ce livre pour le manque de renseignements pour le lecteur, La Femme qui donnait à manger aux chiens est un livre très intéressant : il ne glace pas d’effroi comme la couverture le laisserait supposer, il provoque plutôt un certain dégoût en imaginant comment Marc Dutroux a pu traiter sa femme (ou les femmes en général), comment lui-même a pu être traité gamin… Mais pas de détails sordides.
Des suppositions suggéraient que si les Dutroux s’étaient montrés aussi monstrueux avec leurs victimes, c’est qu’eux-mêmes avaient été autrefois des victimes : une théorie soutenue par le roman, sans trop aller vers l’excès.
Une lecture particulière, très délicate mais intéressante, il vaut mieux connaître un peu l’affaire Dutroux avant de se lancer dans ce roman par contre. (vous trouverez de quoi regarder sur internet)

« Moi aussi, j’étais désolée.
Ça s’appelle un père, pensai-je avec sarcasme. Comment le même mot pouvait-il servir pour [le père de M] et pour [le mien] ? »
P. 140

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• La première édition de demi-grand-format de Galaade porte le titre de La Femme qui donnait à manger aux chiens, la version poche (du Livre de Poche) s’intitule en revanche Celle qui donnait à manger aux chiens.
• Publié la même année de la libération de Michelle Martin qui est partie vivre dans un couvent, le livre de Kristien Hemmerechts a été très, très mal accueilli en Belgique : pour beaucoup, l’auteure excuse le comportement de la femme la plus détestée de Belgique, elle trouve des explications autres que "cette femme est un monstre". Malgré les vingt ans écoulés, le cas de Michelle Martin met encore en colère la population belge.
• Le cas de Geneviève Lhermitte a choqué la Belgique mais ne s’est pas autant imprimé dans les mémoires que celui de Michelle Martin. Ceci dit, n’hésitez pas à chercher des documentaires, le cas est intéressant également. Et accordez une pensée à Bouchaib Moqadem, le père des cinq enfants tués.

samedi 13 mai 2017

Les Bonnes, de Jean Genet,

Madame est bonne. Madame est riche. Madame est belle. Madame est généreuse.
Serait-ce pour ces raisons que Solange et Claire, ses deux bonnes, décident de la tuer ? La tragédie, le drame et la comédie se nouent autour de ces trois personnages à la recherche de leur identité.
Créées en 1947, Les Bonnes sont aujourd’hui la pièce de Genet la plus représentée dans le monde.
Quatrième de couverture par Belin Gallimard, ClassicoLycée.
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Si j’ai lu la pièce de Jean Genet, ce n’est pas parce que je l’avais au programme au lycée, ce n’est pas parce que je suis une fan de théâtre mais parce que je m’intéresse vivement aux représentations des faits-divers dans la littérature, et le titre des Bonnes est indissociable à l’affaire des sœurs Papin de 1933. J’ai lu la pièce de Jean Genet pour ça.
Ce qui explique ma déception, car le rapport entre l’affaire et la pièce est vraiment forcé. Les grandes lignes sont conservées : deux sœurs perturbées projettent d’assassiner leur patronne. Leur relation est ambiguë et ils ont des attitudes complexes.
Mais ça s’arrête là.

Oubliez ces deux sœurs durant votre lecture, vous ne les retrouverez pas.

Je tente de me débarrasser de la déception que j’ai ressentie durant ma lecture, car je m’attendais tout à fait à autre chose. Mais finalement, Les Bonnes me permet de confirmer que le théâtre absurde, ce n’est pas pour moi. L’idée derrière cette pièce est intéressante et des procédés sont ingénieux, ce serait de mauvaise foi que de le nier, mais Les Bonnes doivent être étudiées pour être appréciées.
Y assister simplement, le lire simplement ne peut pas aboutir à un petit plaisir lecture de théâtre.

Vous êtes prévenus : cette pièce ne tente pas d’expliquer la folie des sœurs Papin, elle ne tente pas retranscrire l’affaire sordide, c’est une pièce qui joue sur l’identité, le désir et la folie dans un genre absurde.
La pièce en soi est sympathique, si vous êtes prévenus des intentions de Jean Genet, vous serez peut-être moins sur votre faim que moi.

Grâce aux actrices Odile Grosset Grane et Lisa Pajon, je peux valider l’idée n°54 du Challenge des 170 Idées :

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Jean Genet a nié s’être inspiré de l’affaire des sœurs Papin, mais l’association s’est faite d’elle-même : jouée la première fois le 19 avril 1947, l’affaire Papin a tout juste quatorze ans et les deux sœurs étranges sur scène faisaient écho à Christine et Léa Papin.
• Il va de soi que l’association, bien que démentie par l’auteur, fait que Les Bonnes se sont attirées les foudres de la critique et du public : la pièce aborde le malsain mais aussi l’homosexualité entre femmes, un thème pas facile à manipuler face à tous dans les années 1940.
• L’édition de Belin Gallimard présente un dossier très complet qui sera utile à tout collégien, lycéen ou étudiant en littérature ! Des définitions, des dates clés, des explications... Bref, de quoi comprendre la pièce sans passer forcément par un cours.



mardi 9 mai 2017

Top Ten Tuesday [27],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.





Mon thème pour aujourd’hui est…
Les 10 livres qui m’ont émue aux larmes 
(les 5 premiers, j’avoue, j’ai franchement pleuré).

Je ne vais pas vous mentir : j’ai tellement pleuré à la fin de ma lecture de Nid de Gentilhomme que je n’arrivais même plus à déchiffrer les lettres. Je pensais que ce genre de témoignage était un cliché exagéré, mais non, je confirme : on peut pleurer tellement à une lecture que tout se brouille.
Pourquoi tant de larmes à la fin ? Car l’histoire d’amour est magnifique, les personnages sont touchants, le style est d’une musicalité émouvante et le sujet est frappant.
Mais je n’en dis pas plus : à me remémorer cette fin, j’ai la gorge qui se sert.
Les romans de Stephen King sont des histoires d’horreur. Des lecteurs ont été traumatisés et on lui doit la phobie des clowns (plus sérieusement : je pense que les clowns étaient déjà vus comme malsains auparavant). Pourtant, Simetierre, si la part d’horreur est présente, elle se chamaille la première place avec le drame.
Véritable drame familial avec un fond philosophique mais pas moralisateur, Stephen King fait passer les émotions et j’ai tellement adoré Louis Creed que j’ai été entraînée par son récit.
Forcément ! En troisième place, le troisième tome du Trône de Fer, mais le premier avait bien tiré les larmes de mes yeux aussi. J’ai été émue tellement de fois que cette saga aligne de vrais livres oignons où on a la moue du chagrin très vite.
C’est simple : je suis trop attachée aux personnages…
Et oui, un autre Stephen King dans le top 5, méfiez-vous de l’étiquette “horreur” de ses romans : La Ligne Verte est un roman frappant et j’avais des oignons à la place des paupières à la fin de ma lecture, c’est la seule explication que je vois pour toutes les larmes que j’ai versées.
J’ai été plus touchée par Jane Eyre en termes de beauté, mais Les Hauts de Hurlevent l’emporte pour les émotions brutes, violentes, vives… Le chef d’œuvre d’Emily Brontë suscite plus de tension et j’ai été plus émue dans le sens choqué, le sentiment était plus doux du côté de Jane Eyre.
Un magnifique roman.
Je dois vous confier quelque chose : je n’ai jamais fini de lire L’Ordre du Phénix. Une amie avait spoilé la fin avec la mort de Sirius, j’avais alors fait une pause dans ma lecture. Puis, j’ai repris et au moment de sa mort, j’ai lâché le livre tant j’étais triste.
Et bien sûr, je n’oublie pas Les Reliques de la Mort qui est un tome particulièrement émouvant.
Sachant que je tente de les relire, on va voir si J. K. Rowling arrive à me faire pleurer à nouveau.
Le film, plus connu, a rendu mélancolique son public, faisant hommage à l’ambiance du roman : l’histoire de ce professeur en marge de la société, George, est d’une simplicité touchante et réelle. Les blessures qu’il porte et qu’il se remémore parleront certainement à beaucoup de lecteurs, et si vous n’avez pas vécu les mêmes drames que George, vous y passerez aussi un jour, comme tout un chacun.
Le deuil, la mort, la solitude, le silence… Tout est ressenti sans exagération et c’est ce qui fait la force de ce roman.
 
Première lecture avec Mathias Malzieu, La Mécanique du Cœur paraissait très enfantin et tout en poésie au début. Finalement, la poésie est maintenue, mais les émotions viennent comme de grandes claques en aller-retour : si j’ai été aussi émue, c’est aussi à cause de la surprise car je ne m’attendais pas à de tels retournements !
Une histoire efficace et qui, je le sais, en a fait pleurer plus d’un.
Wilkie Collins est un auteur anglais du XIXème et précurseur du thriller, Basil est ma première lecture (excellente) et la tension est au rendez-vous, mais aussi l’émotion. Basil, trompé par sa nouvelle épouse, est rejeté par son père mais soutenu malgré tout par sa sœur : ces relations familiales composent le fond affectif de l’histoire, enchaînant des scènes qui ont réussi à m’émouvoir donc.
Dans le recueil Histoires Grotesques et Sérieuses, la nouvelle Éléonora est fidèle à ce qu’on attend d’Egard Poe : une jeune fille magnifique emportée par la mort, qui disparaît en même temps qu’un monde merveilleux et laisse son amoureux écrasé par le deuil, se lamentant.
Dit comme ça, c’est très cliché et presque ridicule, mais c’est sans compter les talents d’écrivain de Poe qui embellissent ce récit.
Une nouvelle émouvante qui laisse rêveur.

Allez, avouez les histoires qui vous ont fait pleurer comme des madeleines aussi !

lundi 8 mai 2017

Les Mensonges de Locke Lamora, de Scott Lynch,

On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n'est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire...
Quatrième de couverture par Bragelonne.
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J’ai mis beaucoup de temps à lire ce premier tome des Salauds Gentilhommes, non pas que je n’accrochais pas (bien au contraire), c’est juste que c’est la première fois que je lis un roman aussi "épais" sur liseuse (en ebook, ça se remarque moins).
Ça ne m’empêche pas d’être ravie d’avoir acheté les trois premiers tomes de cette saga lors de l’OP de Bragelonne de Décembre 2016 (c’est-à-dire des ebooks à 0€99).

« — […] J’ai des gosses qui aiment voler. J’en ai d’autres que ça n’intéresse pas, et d’autre encore qui le tolèrent juste parce qu’ils savent ne rien pouvoir faire d’autre. Mais personne, et je dis bien personne, n’en a autant envie que lui. S’il se faisait ouvrir la gorge et qu’un medekiner essaie de le recoudre, Lamora lui volerait aiguille et fil. Et ça ne le dérangerait pas d’en crever. Il… vole trop. »
P. 16

Le premier point fort qui m’a frappée : le style. Scott lynch arrive à avoir une plume très lyrique et en même temps, un rythme animé et ponctué d’humour. Les dialogues sont vraiment savoureux avec autant de réparti et cette Venise féerique est plein de charme…
Justement à propos de l’inspiration : Les Salauds Gentilhommes font leurs quatre-cents coups à Camorr, lointaine sœur de Venise avec tous ces courants qui viennent diviser la cité. Mais les descriptions ne se concentrent pas que sur les remous où dorment les requins, le lecteur lève souvent le nez vers les tours en verre de Camorr, du verre coloré et omniprésent qui amplifie la lumière. L’ambiance des Mensonges de Locke Lamora est très lumineuse, très colorée, rien à voir avec les personnages roublards.

« — C’est un couteau, ça ? demanda Locke en levant un ustensile à beurre au bout arrondi à l’adresse de Chains. Il y a quelque chose qui cloche, là. On ne peut tuer personne avec cette chose.
— Et bien, ce ne serait pas facile, je te l’accorde, mon garçon. (Chains guida la main de Locke pour lui indiquer l’endroit où le couteau à beurre se mettait, avant de disposer de petites assiettes et des bols.) Mais, quand les gens de qualité se réunissent pour dîner, il est impoli de buter qui que ce soit avec autre chose que du poison. Ça, c’est pour tartiner, pas pour trancher les trachées. »
P. 106

Les personnages sont très intéressants mais pour l’instant, ils restent assez classiques : donnant envie de découvrir leur histoire mais sans pour autant faire rêver dans ce premier tome. C’est surtout les liens qui ont pimenté cette partie du roman. Sans oublier l’ingéniosité des plans de ces voleurs aguerris.
Mais voilà, je n’ai pas été entièrement charmée par Locke, Jean, Calo, Galdo et Moucheron : un peu comme une virée très amusante avec des copains mais pas la sortie avec des amis proches. Ceci dit, je suis prête à repartir pour une autre tournée avec eux ! Et découvrir davantage de cet univers puisque la fin de ce premier tome s’ouvre sur des horizons plus larges.
Et je veux plus de souvenirs avec père Chains. C’est lui, mon favori. Avec Sofia Salvara.

« — […] Ça, ça a de la gueule, au moins. Cinq solons tout ronds. L’or est bon, mais le platine, c’est de la pacotille verrarienne, aussi authentique qu’un œil de verre. Et je chie des diamants plus gros que ça cinq ou six fois par semaine.
— Sept et trois, dit Locke. Je me suis décarcassé pour mettre la main sur cet objet-là.
— Alors, il faut que je paie plus, tout ça parce que ton cul et ta cervelle ont été intervertis à la naissance ? C’est pas mon avis. »
P. 170

Les Mensonges de Locke Lamora n’est pas un tome introductif, et tant mieux : il se passe une foule de choses et on peut considérer qu’une première histoire se clos, bien qu’on se doute que les répercussions seront nombreuses. Scott Lynch met beaucoup de talent dans la composition de ses trames : les rebondissements sont astucieux (j’avais même parfois du mal à croire à certains retournements de situation), les indices intelligents… Vos neurones vont marcher durant la lecture comme pendant une partie d’échecs ou au contraire, vous vous laisserez porter comme dans une tempête.

Même si ce n’est pas un coup de cœur, je ne vois aucun défaut aux Mensonges de Locke Lamora. Maintenant que je suis entrée dans l’univers et que j’ai apprivoisé ces personnages, peut-être qu’un prochain tome fera mouche ? J’ai bon espoir.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Quand Patrick Rothfuss a publié son premier roman Le Nom du Vent, le succès lui a collé le surnom de "nouveau Scott Lynch". Tout d’abord un peu vexé car privé d’avoir "son propre nom", Rothfuss a finalement lu Les Mensonges de Locke Lamora et se dit finalement honoré de la comparaison ! Vous pouvez lire sa critique ici.
Les Salauds Gentilhommes est une saga prévue en sept tomes, avec un spin-off publié en 2017.

(attention, il s’agit des versions numériques)