mercredi 31 octobre 2012

Une nouvelle section,

Le sondage s’est terminé et je suis ravie de voir que certains visiteurs sont intéressés par une section Psychologie et Criminologie (entre autres). 100% de « Oui » (57% par curiosité et 42% pour qui cela serait utile), je ne pouvais pas espérer mieux ! Donc merci à tous les participants et j’espère que ces nouvelles critiques vont seront utiles.

Mais avant d’inaugurer cette partie, je voulais un peu vous raconter ma vie concernant ce choix :  
Pourquoi Psychologie et Criminologie ?

Certains le savent déjà, mais je suis étudiante en Psychologie et, contrairement à un bon nombre de mes collègues, j’ai un projet d’avenir plus ou moins fixe : être psychologue dans les milieux carcéraux. J’aime raccourcir par « psychocriminologue », mais les gens me demandent immédiatement si je veux être profiler comme dans les séries, et cette question, autant le dire franchement, me fait sortir des mes gonds.

Partez du principe que je souhaite être une psychologue généraliste comme on en voit dans chaque coin de ville… Mais travaillant en prison. Les clients ne se limitent pas qu’aux détenus, mais aussi aux policiers et, possiblement, des victimes.
Maintenant, ce métier est-il connu en France ? Pas tellement. Ce n’est un secret pour personne, la Psychologie souffre d’un retard alarmant en France (certains assimilent entre cette filière à de la philosophie. Au XVIIème siècle, peut-être, au XXIème siècle, non). Pour une majorité de français, les tueurs en série n’existent qu’aux États-Unis et les pédophiles n’existent qu’en Belgique. Et pour une majorité de policiers, les psychologues dans le milieu carcéral, ça sert juste à trouver des excuses pour les détenus.
Je tiens à préciser que ces clichés tiennent du vécu : j’entends réellement des personnes sortir ça.

Alors, pour éclairer quelques esprits et parce que la Criminologie est chez moi une véritable passion, je voulais en parler dans un article à la vue de tous :
À quoi sert réellement un psychologue dans les prisons ? Son but premier n’est pas de chercher une excuse au criminel, bien que vous reconnaîtrez qu’un psychologue n’invente pas une pathologie pour son client : si le criminel est schizophrène, il l’était avant de consulter. Le véritable but du psychologue en milieu carcéral est de soigner une personne souffrant d’un trouble pour en prévenir d’autres.
Je sais que le sujet est particulièrement délicat et que, un homme qui aura subit des sévices dans son enfance n’aura pas plus le droit de tuer qu’un autre enfant maltraité. Cela dit, nous, personnes saines d’esprit (ou presque), il est facile de se dire que c’est mal : mais est-ce qu’on aurait réussi à mener la vie d’aujourd’hui si on avait vécu la même chose que la plupart des détenus ?

Après, cela n’excuse rien. Je n’oublie pas la victime qui n’a rien demandé (moi-même j’ai occupé ce statut trop longtemps). Mais c’est justement là le travail du psychologue dans le milieu carcéral : si on découvre les troubles qui tourmentent tel agresseur et tel agresseur, ne serait-ce pas utile de le savoir pour empêcher d’autres crimes et donc, d’autres victimes ?

Je vais même aller un peu plus loin en dénonçant la Justice dans les quatre coins du monde. Il y a 2 ans, j’ai été choquée de voir qu’un criminel irlandais (du nom de Larry Murphy, allez sur Google, vous trouverez tout son parcours criminel) a été libéré après 10 ans de prison, alors qu’il avait refusé tout traitement psychologique et évaluation, ajoutez à ça qu’il n’a jamais exprimé le moindre remord. La raison de cette libération ? Larry Murphy était un prisonnier modèle.
Je considère que les psychologues en prison devraient être plus nombreux : les récidives pourraient bien diminuer. Sauf que, bien entendu, ils ne servent qu’à trouver des excuses aux prisonniers pour les libérer par la suite. Comme si le métier ne se résumait à ça : libérer les prisonniers après un petit test du Rorschach ou du TAT.

J’ai donc exposé toutes les motivations qui me poussent à entreprendre cette voie et j’espère sincèrement y parvenir. Après, la Psychologie est une filière difficile à obtenir : personnellement, je fréquente les trois facultés de ma ville car la Psychologie jongle entre la médecine, la biologie et le savoir sur la psyché (les cours de Droit que je suis, par contre, c’est du bonus pour mon parcours personnel). Et la meilleure façon d’en venir à bout, c’est de s’entraider avec les étudiants. Donc en répertoriant les livres touchant à cette matière, j’espère avant tout aider quelques autres étudiants dans cette filière et captiver aussi du monde et renverser quelques préjugés idiots.
Nous ne sommes plus en 1950 où les psychologues, c'est que pour les fous. Nous sommes en 2012 et avoir une bonne santé mentale n’est pas moins importante qu’une bonne santé physique.

Sur ce, j’espère que mes intentions ont été claires et j’espère intéresser le plus de personnes possible. Si certaines personnes en psychologie (ou intéressées par la psychologie) veulent aussi me contacter, pour parler cours, bouquins, etc. Je suis entièrement disponible avec l’adresse mail dans mon profil. Je mets toujours un peu de temps à répondre, mais je réponds tôt ou tard.

mardi 30 octobre 2012

Top Ten Tuesday [08],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.





Le thème de la semaine dernière était...
Les 10 livres à lire pour Halloween
Que j'ai trouvé plus logique à mettre aujourd'hui.


Parce qu’Edgar Poe est un maître incontournable du fantastique horrifique et du récit cauchemardesque, j’ai passé plusieurs nuits blanches en compagnie de ses monstres. Donc pour Halloween, c’est avec ce talentueux poète que je passerai la soirée.
[chroniques à venir]

La seconde place revient à un autre maître irréfutable de l'horreur : Stephen King. Avec un de mes livres préférés : Bazaar. Intelligent, bien écrit avec des personnages touchants, ce roman est efficace niveau horreur.
Je n’ai jamais eu peur des vampires, des zombies, des fantômes… En revanche, un tueur en série qui s’infiltre chez vous à votre insu, là, rien de plus flippant. Comme disait Ted Bundy : nous, les tueurs en série, nous sommes vos fils, vos maris, nous sommes partout et vous ne pouvez rien contre nous.

Un classique de la littérature de fantômes, Le Tour d’Écrou, sans aller jusqu’à me faire dresser les cheveux sur la tête, se montre efficace dans son scénario, ses personnages particuliers et son ambiance bien installée. Un bouquin maigrichon qui peut se dévorer en une seule nuit blanche en compagnie des morts.

Un des plus terrifiants des King selon moi, jouant sur un huis clos psychologique, des phobies profondes et des situations extrêmes. Je me souviens l’avoir lu le plus rapidement possible tant je voulais avoir le mot fin. Presque hitchcockien, il s’agit d’un incontournable pour qui veut angoisser.
[chronique à venir]

Un autre classique qui, comme le Tour d’Écrou, met un point d’honneur sur l’ambiance travaillée. Carmilla est toutefois plus efficace pour nous donner des sueurs froides et le mythe du vampire n’a jamais été aussi bien représenté que dans cette nouvelle précurseur. À ne pas oublier lors d’une nuit blanche d’Halloween.

Malgré toutes les critiques négatives qu’a reçu ce roman (bah oui, mais tous les vampires ne s’appellent pas Edward et ne sont pas forcément beaux), Un Vampire Ordinaire a la particularité de jongler entre la science et le fantastique avec brio. Qui a dit qu’un cartésien n’a pas peur des vampires ?

Plus dans la veine de l’humour glauque, Orgueil et Préjugés et Zombies, c’est un peu un remake de Shaun of the Dead signé un Tarantino qui aurait épousé Austen. Le roman s’apparente plus aux films d’horreur récents, tel que Cabin Fever et The Loved Ones  : on a du dégueu, c’est du lourd et c’est drôle.

Dans le genre de la poésie macabre, Notre-Dame-Aux-Écailles ne fait pas peur… Pas sur le coup en tout cas. Mais plus nous revenons sur ces sordides nouvelles et plus nous réfléchissons à ces destins saugrenus, la peur nous prend soudain au ventre. Entre les trains de nuit et les hommes aquatiques, les histoires de Mélanie Fazi ont leur place dans ce TTT.

Comme pour Orgueil et Préjugés et Zombies, L’Enfant des Cimetières fait penser à un bon film d’horreur comme on les aime. Ambiance gore, aura démoniaque et ombres gourmandes, si L’Enfant des Cimetières ne hantera pas vos nuits, il reste excellent pour causer des petites crises d’angoisse..
À un prochain mardi ! (Et joyeux Halloween)

Top Ten Tuesday [07],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.





Le thème de cette semaine est...
Les 10 hérOS les plus badass
Parce que je voulais mettre aussi des perso masculins qui sont, selon moi, indétrônables.

Un peu héros-malgré-lui on pourrait dire, mais niveau prestige, Sherlock Holmes claque toujours avec son goût pour les mises en scène et les mystères prolongés. Bref, un personnage qui a du swag et que j’adore par-dessus tous les autres : il méritait donc la première place de ce TTT.
Dans un tout autre style, Jane Eyre est quand même un personnage kick-ass. Les lecteurs de Charlotte Brontë se souviendront comment Jane Eyre dit ses quatre vérités à Mrs. Reed et comment elle gère sa délicate situation avec Mr. Rochester. Donc malgré son côté pieuse et un tantinet trop sérieuse, c’est une héroïne romantique que j’adore. 
(Le choix de l'image vient surtout du fait que je ne trouvais pas d'illustration qui me plaisait, too bad.)

Là, on pourrait parler de Héros de Nation. Ou même d’antihéros : petit bonhomme qui a tout, sauf l’air perspicace et doué, George Smiley, avec son physique de tortue, voire de grenouille, est pourtant redoutable. Bref, j’étais en plein admiration pendant ma lecture car cet homme, sous ses dehors de vieux indolent, kick-ass pas mal.
Parce que je ne pouvais pas oublier cette petite graine héroïne. Il faut l’avouer, Arya Stark pourrait être la fille de Lara Croft et Robin des Bois. J’espère qu’un riche parcours l’attend… Avec une bonne fin à la clé, elle mérite une bonne conclusion, cette petite.
Cultivée, rat de bibliothèque, loin d’être jolie et douce, Hermione a l’avantage d’être réaliste tout en étant une chouette héroïne. Seule perso féminin du trio, elle prouve son utilité dès le premier tome et restera jusqu’à la fin. En gros, vive Hermione.
La première fois qu’elle est apparue au banquet de Winterfell avec son frère pour prêter allégeance aux Stark, je ne sais pas… J’ai trouvé ce petit quelque chose qui m’a de suite plu chez Meera Reed : peut-être à cause de son peuple assez étrange (selon les rumeurs), son côté débrouillard sans être forte tête ou insupportable… Un très bon personnage féminin en somme.
(On connaît déjà l'actrice de Meera Reed, que j'ai hâte de voir à l’œuvre d'ailleurs, mais comme il n'y a aucun screen pour l’instant, crédits du dessin)

J’ai lu une fois que quelqu’un voyait en Robb Stark un Roi Arthur du Trône de Fer. Et j’avoue que la comparaison a fait mouche. J’adore le personnage de Robb Stark pour sa nature : jeune, limite turbulent, courageux, noble, têtu… C’est un peu le bon Roi dans toute sa splendeur, avec des défauts, des qualités.
Difficile d’oublier la populaire pirate informatique qui a redonné du goût pour la mode punk. Les films m’ont déçu dans le sens où la vraie personnalité de Lisbeth était mal retranscrite en fait : sous ses tatouages, ses piercings et ses cheveux trop noirs se cache une femme admirable. Car oui, elle est autonome, forte tête et violente mais aussi complexée et fragile. J’ai eu du mal à rester de marbre devant ce personnage durant ma lecture.
(J’ai pris l’image de l’interprétation de Rooney Mara mais ça ne veut pas dire que j’ai forcément adoré ou quoi sa prestation. Juste que physiquement, elle est plus proche de Lisbeth que Noomi Rapace. Et comme aucune illustration papier ne me plaisait…)


Si George R. R. Martin fait des personnages féminins salopes à souhait, j’ai eu un coup de cœur phénoménale pour Asha. Classique dans le type de femme pirate mariée à la mer, elle a des répliques mordantes et son amour pour sa hache est juste épique.


Plus en coup de gueule par rapport au dernier roman que j’ai lu de la série (le tome 3  pour être plus précis), j’aurai aimé mettre Charlotte mais Emily prend de plus en plus le pas sur sa sœur. J’ai adoré la vie qu’elle menait aux côtés de son George, les surprises qu’elle réservait et le sang froid dont elle pouvait faire preuve tout en restant adorable. Un bon p’tit personnage qui méritait d’être dans ce TTT.

À un prochain mardi !

lundi 29 octobre 2012

L'Enfant des Cimetières, de Sire Cédric,

Un fossoyeur vivant près d’un cimetière est pris d’une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avant de se suicider. Ce massacre marque le point de départ d’une folie qui semble contagieuse, poussant les victimes à l’irréparable.
David, photo-journaliste, décide de découvrir l’origine de cette vague de meurtres sordides et de suicides qui ne cesse d’augmenter. Bientôt, il va être confronté à l’inimaginable…
Quatrième de couverture par Pocket.
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Je me suis permise d’éditer un peu le résumé proposée par Pocket car il en dit beaucoup trop (franchement, y a des gens qui ne savent pas faire de résumé !). Donc pour ceux qui désirent acheter le livre, évitez de lire le résumé derrière : il y a un beau moment de surprise entièrement gâchée par quelques lignes au dos du livre.

Mais passons au livre.
Vous êtes nombreux sur la blogosphère à connaître l’auteur Sire Cédric, que ce soit son nom, son groupe ou ses livres… Ou même ses cheveux. Car mine de rien, Sire Cédric fait désormais parti de ma liste « un mec peut faire mec en ayant les cheveux longs » avec Robert Trujillo et Sebastian Bach.

Avouez. Il a sa place dans la liste.

Mais quoiqu’il en soit, difficile de passer à côté de cet écrivain français dont la popularité grandit de jour en jour.
Je peux dire d’une certaine façon que le charme a opéré sur moi. Peut-être pas au point de placer Sire Cédric dans mes auteurs préférés, pas en jugeant sur un seul livre, mais ses autres romans me tentent bien. Donc on peut dire que c’est un bon départ.

Le pire dans tout ça, c’est que je n’ai pas grand-chose à reprocher à l’Enfant des Cimetières, je dirai que je n’ai rien à reprocher d’ailleurs : il a réussi à me transporter, sur le coup, mais en fermant le livre, le souvenir commençait déjà à faner… Peut-être à cause de la fin que j’ai trouvé un peu expéditive. Mais c’est vraiment le seul détail qui a cassé mon trip Sire Cédriquien.
Après, l’Enfant des Cimetières peut se vanter d’apporter une originalité assez rare et souvent mal maîtrisée : le thriller fantastique. Construire une histoire logique et rythmée entre des événements surnaturels et des méthodes d’enquête classiques, beaucoup d’écrivains s’y sont risqués et beaucoup se sont ratés. Sire Cédric le fait en équilibrant la balance, jonglant habillement entre les éléments pour que cela ne paraisse pas tirer par les cheveux même si cela touche au domaine du fantastique, un peu à la manière du film de Tim Burton Sleepy Hollow.
Parce que c’est le défaut de beaucoup d’auteurs : ils s’imaginent que, sous prétexte qu’ils écrivent des histoires fictives, nous, lecteurs, goberons tout et n’importe quoi. Erreur, mesdames et messieurs.

On ressent énormément les influences de Sire Cédric, je pense notamment à la narration qui sent bon le Stephen King et le bon slasher américain pour ceux qui aiment. Car si Sire Cédric façonne son style personnel, je ne pouvais pas m’empêcher de comparer son univers aux nombreux films d’horreur existants… Personnellement, je suis fan de films d’horreur (et je remercie le magazine Mad Movies de me conseiller régulièrement des perles), donc avoir l’impression de lire une œuvre qui aurait sa place aux côtés de La Malédiction, la saga Freddie Les griffes de la Nuit, The Ring, Shining, etc. moi, je ne demande pas mieux !
Après, ceux qui râlent contre ce genre de films auront sûrement tendance à râler contre l’Enfant des Cimetières également. Mais les romans d’horreur ont toujours eu plus de respect que les films d’horreur. Allez comprendre pourquoi. Tout ça pour dire que les frayeurs concoctées par Sire Cédric, frôlant à la fois l’épouvante et le gore grandiloquent, sont efficaces.

Après, contrairement aux victimes débiles qui courent à moitié à poil dans le remake de 2009 de Vendredi 13, le remake de 2007 d’Halloween (je critique, mais ne vous y trompez pas, j’adore ces deux remakes), les personnages de l’Enfant des Cimetières connaissent les vêtements (sauf un, mais je ne dirai pas qui) et sont bien plus touchants grâce à une ruse appréciable. J’ai eu un gros coup de cœur pour le flic bourru et perdu et la magnifique Kristel. Après, d’autres personnages rentrent dans un schéma plus classique mais n’entachent pas l’histoire.
Je termine sur une mention spéciale au chapitre 51 qui a été un vrai coup de cœur : j’en pleurais tellement j’ai trouvé ce passage beau et la romance loin d’être niaise.

En somme, un roman qui m’a vraiment l’impression de voir un film (mettons cela sur le compte de la plume de Sire Cédric qui narre très bien) appréciable. Les éléments clé de l’histoire sont recherchés, l’histoire originale et les personnages très sympathiques. Il n’y a que la conclusion du livre qui tache un peu la qualité du livre selon moi mais qui n’a pas calmé pour autant mon intérêt pour l’auteur.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Le site Heresie.com, mentionné dans le livre, existe réellement. Mais pas seulement, l’article sur les cimetières existe bel et bien avec une photo signée Andy Julia. Ajoutons que le fondateur du site est un grand fan de sire Cédric.
• Sire Cédric cite beaucoup de livres d’ésotérisme, notamment les plus connus comme le Necronomicon de H. P. Lovecraft… Ou Abdul Al-Hazred au choix. Et La Bible Satanique d’Anton Szandor LaVey.

dimanche 21 octobre 2012

Silent Hill 3,

Heather Mason, une jeune femme de 17 ans, se promène dans le centre commercial de sa ville lorsqu'un détective privé nommé Douglas Cartland l'interpelle pour la questionner. Méfiante, elle lui échappe en se réfugiant dans les toilettes pour dames. En revenant dans le centre, la jeune femme est prise au piège d'un monde cauchemardesque où des créatures immondes arpentent les vestiges de la réalité. Le mal qui la frappe a un air étrange de déjà-vu. Heather devra faire face à son passé et retourner là où tout a débuté: la ville de Silent Hill...
Résumé par Wikipédia
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Admirez l'intro, braves gens !

Je reviens à la charge avec le troisième Silent Hill cette fois qui fût, je m’en rappelle très bien, un véritable coup de cœur. Est-ce à cause de l’héroïne forte-tête mais adorable ? Est-ce à cause de l’énigmatique Vincent ? Ou peut-être à cause de l’ambiance encore une fois bien rendue ? Ou bien, c’est tout simplement parce que ce Silent Hill offre tout ce qu’un fan peut désirer : de la peur, de l’humour noir (merci Heather), de la bonne musique, des personnages sympas et des graphismes superbes tout simplement ?

Vous voyez un monstre, vous ?

Les graphismes, depuis Silent Hill 2, n’ont pas tant changé : le début offre quand même un univers plus lumineux, digne d’un crépuscule d’été avant de nous plomber dans l’ombre. Le rouge est une couleur qui prédomine dans Silent Hill 3, bien que plus que dans les deux opus précédents : le sang suinte sur les murs, la rouille s’accompagne de râles de machines, la brume tient surtout de la poussière brûlante… On s’écarte un peu de la peur psychologique pour affronter des monstres exposés en pleine lumière.
Que les plus trouillards ne soient pas rassurés pour autant : Silent Hill 3 aborde d’autres facettes tout aussi effrayantes que ses confrères. Notamment des peurs presque perverses entraînant des quiproquo (bah oui, le personnage principal étant une jeune femme, les développeurs se sont lâchés) [spoiler, plus pour ne pas choquer les jeunes]je pense surtout à Valtiel, ce monstre répugnant qui viole une infirmière dans une posture un peu SM. Cela dit, on ne peut voir cette scène que dans une édition spéciale au Japon.[/spoiler qui ne choquera plus personne]
Si on veut faire de la psychologie de comptoir, on peut dire aussi que le rouge est la couleur du désir. Même si il n’y a rien d’excitant à voir des cadavres pendus à l’envers dans des cages… Après, si ça vous aguiche et que c’est votre truc, hein. (Merci de ne pas m’en faire part en commentaire, par contre)

Concernant l’histoire, je n’ai pas trop envie d’en dévoiler : tout comme ses grands frères, le scénario de Silent Hill 3 a une grande importance et connaître le mot fin et ses secrets gâcheraient beaucoup de bonnes surprises. Je dirai juste une chose : il est conseillé d’avoir joué ou de connaître au moins le Silent Hill 1, comme on retrouve certains personnages de ce premier opus, on est plus sensible à ces retrouvailles que ceux qui débutent par le Silent Hill 3.

 
 Screens tirés du site jeuxvideo.com

Ce qui fait la particularité de ce Silent Hill, c’est que les personnages des autres opus sont principalement neutres, doux, voire empathiques : leur caractère ressort peu dans la situation dans laquelle ils sont piégés. Ce n’est plus le cas avec Silent Hill 3 : Heather s’énerve contre le monde qu’elle ne comprend pas, contre les personnes dont elle se méfie, elle est grossière, n’a pas froid aux yeux mais est terrifiée par les monstres qui la poursuivent, tout en restant réaliste. Elle a des répliques mémorables qui animeront le jeu. Les personnages de Douglas, Vincent et Claudia sont aussi très appréciables et sauront nous surprendre durant le jeu.
J’en profite pour pousser un coup de gueule contre Stanley à l’hôpital. Je crois que jamais je ne me suis autant senti persécutée dans un jeu : grâce à lui, j’ai découvert comment on peut avoir peur et être énervé en même temps, à doses égales. Merci Stanley. Vraiment.

  Screens tirés des sites jeuxvideo.com et gamekult

Tout ça pour dire qu’une fois de plus, les développeurs Silent Hill prouvent leur maîtrise dans le milieu de l’horreur, tant physique que psychologique. Très proche de Silent Hill 2, chaque opus offre pourtant une histoire différente et laisse une chance à l’histoire d’Heather. À ne pas manquer pour ceux qui veulent de payer une bonne trouille et une aventure mémorable.
Est-ce nécessaire de préciser qu'il faut applaudir encore une fois Akira Yamaoka ? Je pense construite bientôt un autel pour lui.

Wallpaper officiel

             Quelques anecdotes sur ce jeu,
• Ne vous laissez pas influencer par le prochain film qui sort (qui est entièrement basé sur Silent Hill 3), il n’y a pas de Pyramid Head dans cet opus. Vous êtes rassurés, hein ?
• Il y a énormément de références à Silent Hill 2 : des affiches promotionnelles dans les couloirs du supermarché, un cadavre modélisé à partir d’Angela, etc.
• Les développeurs de Silent Hill, fans de Stephen King ? Absolument, une rame dans le métro a été nommée King Street, d’après l’auteur. Ajoutez cela des affiches du film Carrie qu’on peut trouver au début du jeu. En même temps, le domaine de la peur est un point commun entre le King et la série des Silent Hill et c’est pas moi qui vais m’en plaindre~
Silent Hill 3 est-il destiné aux filles ? Outre le fait qu’Heather est l’unique héroïne de toute la saga, peut-être bien : le jeu propose une foule de codes pour changer sa tenue… Allant jusqu’à la transformer en magical girl, Heather se met à frapper les monstres avec un bâton orné d’un cœur rose. De quoi amuser les plus terrifiés.
• Je rappelle que Silent Hill 3, tout comme Silent Hill 2, est disponible sur Playstation 3 grâce au coffret Silent Hill HD.
• Pour ceux que ça intéresse, chronique de Silent Hill 2.

The Picture of Dorian Gray, d'Oscar Wilde,

Enthralled by his own exquisite portrait, Dorian Gray exchanges his soul for eternal youth and beauty. Influenced by his friend Lord Henry Wotton, he is drawn into a corrupt double life, indulging his desires in secret while remaining a gentleman inthe eyes of polite society. Only his portrait bears the traces of his decadence. The Picture of Dorian Gray was a succès de scandale. Early readers were shocked by its hints at unspeakable sins, and the book was later used as evidence against Wilde at this trial at the Old Bailey in 1895.
Quatrième de couverture par Penguin Classics
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Contrairement à beaucoup de lecteurs, je pense, je n’ai pas découvert Oscar Wilde par son œuvre majeure qu’est The Picture of Dorian Gray. J’avais lu quelques poèmes, quelques pièces de théâtre où j’ai eu un avant-goût de son style raffiné et à la philosophie décalée. Ce qui m’a prise tant de temps pour me décider à le lire enfin, c’est que je savais qu’après l’aventure sordide de Dorian Gray, il ne me resterait plus grand-chose à lire de ce fameux auteur que j’admire tant, pour son talent, pour sa vie. Oscar Wilde peut se contenter de quelques pages pour soulever énormément de conclusions (Je me souviens de la nouvelle Le Sphinx Sans Secret que j’avais énormément aimé, très court mais suffisant pour qu’on comprenne tout le sens de ses idées) et c’est une capacité appréciable chez lui.


The Picture of Dorian Gray n’échappe donc pas à la règle et se plie au style presque spirituel de l’auteur dandy. Déjà, qu’on se le dise : il n’y a rien de choquant dans The Picture of Dorian Gray, pas pour les dépravés du XXIème siècle en tout cas. Tout est dissimulé, suggéré et si les citoyens victoriens ont une imagination qui part très vite, ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes !
Plus sérieusement : le lecteur doit garder en tête que ce livre a été écrit  et qu’à cette époque, on faisait un scandale pour un peu tout et rien. Que le lecteur de 2012 ne s’attende pas à voir Dorian Gray dans des orgies sanguinaires et des rituels sataniques, ça ne se passe que dans le (très mauvais) film de 2009. De plus, si toutes les éditions mettent bien l’accent sur le côté horreur, il faut garder en tête que, malgré de très bons rebondissements, The Picture of Dorian Gray est surtout un livre axé sur la question la psychologie de la vieillesse. Comment les gens vivent les années qui passent, comment supportent-ils l’idée que leur visage se fripera, assailli par les rides… Jusqu’au jour où, un magnifique jeune homme se retrouve libéré de ce poids.
Maintenant, est-ce une bonne chose ? Le livre vous le dira, même si vous vous doutez déjà de la réponse.

Je pense que j'aurai acheté cette édition si elle était sortie plus tôt, je la trouve superbe.

Ce qui fait la base du livre est également ce triangle que forment les personnages principaux : Lord Henry Wotton, le raffiné cynique, le peintre Basil, l’artiste sensible et entre les deux, Dorian Gray, insouciant et capricieux. En somme, trois personnalités totalement opposés à la psychologie travaillée mais dont les interactions sont intéressantes. J’ai eu un gros coup de cœur pour Basil, personnellement, qui m’a ému plusieurs fois durant ma lecture.

Malheureusement, comme tout bon roman victorien, The Picture of Dorian Gray souffre de certaines longueurs : je me souviens avoir sauté pas mal de paragraphes du chapitre 10 qui concerne surtout des descriptions historiques qui font rêver Dorian Gray et qui explique en résumé dissimulé les 18 ans de débauche qu’il vient de passer. Pas de détails très palpitants donc sur le coup, mais on pardonne Wilde puisque dans la version initiale du livre, ce chapitre n’existait pas.
Par contre, il y a des chapitres tellement prenants qu’on pardonne ce petit défaut sans mal. Je pense notamment au chapitre 7 qui est une pure merveille. Les premiers chapitres aussi, la façon dont Lord Wotton décrit comment la jeunesse et la beauté fanent : il y a une vraie poésie dans les descriptions que j’ai eu du mal à rester insensible.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture dans l’édition Penguin Classics : il y a un vrai travail de recherche sur l’œuvre. Que ce soit des notations renvoyant à d’autres œuvres (la référence à la Lady of Shalott quand Sybil dit « I have grown sick of shadows » par exemple, personnellement, j’adore ce poème mais tout le monde ne le connaît pas forcément et n’aperçoit donc pas le clin d’œil) ou encore aux événements historiques. Grâce à ces notes, j’ai constaté le nombre de fois que The Picture of Dorian Gray a été remanié, que ce soit par Oscar Wilde lui-même ou son éditeur !
En deux mots, si vous vous sentez capable de lire The Picture of Dorian Gray en anglais (un anglais très accessible malgré l’époque à laquelle il a été écrit), je vous conseille vivement l’édition Penguin Classics avec tous les renseignements.

J’ai donc passé un très bon moment de lecture en compagnie de Dorian Gray, me laissant avec un sentiment de satisfaction et de nombreuses questions à propos de l’art, de la beauté et de la (stupide) jeunesse.

En bonus, j’aimerai juste pousser un petit coup de gueule contre ce film de 2009 (vous remarquerez que les critiques positives sur ce livre sont principalement écrites par des gens qui reconnaissent ne pas avoir lu l’œuvre alors que d’un autre côté, les critiques négatives viennent surtout de personnes qui ont lu le livre). À part deux acteurs que j’aime énormément (Colin Firth et Rebecca Hall même si son rôle sert un peu à rien), j’ai trouvé le reste raté. Certes, l’ambiance est pas mal. Après, peut-être aussi parce que je n’ai pas du tout aimé Ben Barnes (il a l’air d’être un brave gars, hein, mais pas à l’écran, pas dans ce rôle). Voir Dorian Gray en brun, déjà, c’est mal passé pour une raison qui m’est chère : j’imagine toujours Dorian Gray avec les traits de Lord Alfred Douglas, dit Bosie (voir photo ci-contre). Blond, aux airs angéliques, innocents, insouciant… Ben Barnes, on voit d’office qu’il va s’agir du jeune homme prétentieux et démoniaque. J’ai d’ailleurs longtemps cru que le personnage de Dorian Gray avait été inspiré par cet amant d’Oscar Wilde. Et j’avais du mal à ne pas assimiler Oscar Wilde à Lord Wotton et Basil : Lord Wotton pour le côté dandy, philosophe, Basil pour le côté amoureux, sensible et artiste. J’ai eu une sacrée surprise en voyant qu’Oscar Wilde n’avait rencontré Alfred Douglas qu’en 1891, soit un an après la publication du livre (prenez en compte que la rédaction a pris à peu près un an). 
J’ai toujours trouvé ce détail particulièrement perturbant d’ailleurs : le hasard faisait-il un peu trop bien les choses dans la vie de l’écrivain ?





Cette chronique est aussi ma onzième contribution dans le cadre du challenge Victorien (dans la catégorie Charles Dickes) organisé par Arieste (mille mercis à elle d'ailleurs). Si vous voulez nous rejoindre, tout est expliqué sur cet article !






             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Remanié à plusieurs reprises même après la mort d’Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray a servi de "preuve" lors de son procès (Oscar Wilde a été arrêté pour son homosexualité affichée et qu’une loi de 1885 interdisait fermement les rapports entre hommes).
• Bien que sa plume a donné naissance à beaucoup d’œuvres littéraires, The Picture of Dorian Gray est l’unique roman d’Oscar Wilde, le reste n’étant que des nouvelles, poèmes, pièces de théâtre et lettres.
The Picture of Dorian Gray a également été écrit pour le magazine américain Lippincott's Monthly Magazine (apparu en 1868 et disparu depuis 1916). Le 30 Août 1889, lors d’un dîner réunissant des figures littéraires, le manager Joseph M. Stoddart fait part de son désir de faire un thème exclusivement sur la littérature anglaise : c’est ainsi qu’il demande à Oscar Wilde d’écrire un roman, qui sera The Picture of Dorian Gray, mais également Sir Arthur Conan Doyle, qui écrira pour le magazine Le Signe des Quatre (The Sign of Four).
• Dans cet ouvrage, Oscar Wilde fait énormément de références à ses travaux antérieurs, notamment L'éventail de Lady Windermere, Le Sphinx sans Secrets, etc.

samedi 20 octobre 2012

Harry Potter à l'École des Sorciers, de J. K. Rowling,

Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et un tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l’emmener à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie où une place l’attend depuis toujours. Voler sur des balais, jeter des sorts, combattre les trolls : Harry Potter se révèle un sorcier vraiment doué. Mais quel mystère entoure sa naissance et qui est l’effroyable V…, le mage dont personne n’ose prononcer le nom ?
Quatrième de couverture par Folio (collection Junior)
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À l’occasion de l’ouverture de Pottermore (où je suis une fière Ravenclaw, yep), j’avais envie de me replonger dans les Harry Potter. Je tiens donc à préciser que cette chronique est basée entièrement sur la relecture et je risque de beaucoup encenser ce premier tome d’une saga qui a fait toute mon enfance.


Malheureusement, j’ai bien peur de souffrir du syndrome de la page blanche pour le coup : je fais partie de cette génération où la magie du petit balafré binoclard était omniprésente (et même encore aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans que je pense à cet univers incroyable) et où toutes les qualités du livre me semblent évidentes.
Ok, j’exagère un peu mais me demander d’être objective, c’est me demander si je peux traverser l’océan atlantique au crawl en moins de cinq heures.
D’autant plus que ayant lu tous les livres, je sais comment J. K. Rowling a construit sa saga : à 11 ans, on ne voit que le côté magique, la facilité, qu’un personnage est soit gentil, soit méchant. À 17 ans, par contre, on se rend compte que même un coup de baguette ne suffit pas pour tout arranger, que les relations, ça va, ça vient sans qu’on puisse y faire grand-chose… Et c’est une des qualités de cette saga et qui contredit le fameux argument « c’est terriblement enfantin ».

Une des nombreuses couvertures de la version anglaise (celle-ci est appelée "version adulte").

Ce premier tome est donc le début d’une aventure inoubliable pour un petit garçon qui deviendra une tête-à-claques phénoménale avant de venir un véritable héros. Harry Potter est un p’tit gamin attachant, pris en pitié avec la famille qu’il a, envié pour l’histoire qu’il vit. Ron et Hermione, quand on sait comment ils grandissent, sont d'emblée adorables, avec des caractères très personnels et divers. Même chose pour Dumbledore, vieux sage qui doit tourner uniquement au sucre, on sait qu’il nous réserve de nombreux secrets mais on est encore trop jeunes pour les découvrir ([spoiler]la peur de la Mort, les erreurs (forcément) commises au cours de sa longue vie…[/spoiler]).
Je me souviens que, même à 10 ans, j’ai eu un vrai coup de cœur pour la professeur McGonagall et cette admiration n’a jamais flanché en dix ans et j’en suis ravie.

Mais je vais essayer de faire une rapide critique purement littéraire. J’ai abordé les personnages pour ne plus y revenir dessus : souffrant de schizophrénie potterienne, ces personnes existent dans ma tête.
J. K. Rowling a donc écrit un livre pour enfants et c’est un détail qu’il ne faut pas oublier. C’est bien sûr dommage qu’un premier tome s’en tire avec seulement 300 pages avec tout ce qui s’y passe, mais c’est largement suffisant quand on a 10 ans. D’autant plus que ces pages ne souffrent d’aucune pauvreté : le style est appréciable, rapide et sympathique. Je reprocherai juste (il faut bien trouver un défaut) quelques cassures au niveau du scénario : les événements s’empilent sans quelques petits passages de la vie quotidienne des sorciers. Si on me propose de la Slice of Life de sorcier, je suis totalement preneuse.
Je l’ai d’ailleurs toujours dit : si J. K. Rowling sortait un 8ème tome sur une année scolaire, tout ce qu’il y a de plus banal, à Poudlard, je serai preneuse. Vous voyez le genre ? Un bon gros livre bien naze de 800 pages où rien ne se passe à part du Gossip Girl version Poudlard signé J. K. Rowling qui veut se faire de l’argent. Et bien j’achète sans problème.
(Je précise que c’est de l’humour, J. K. Rowling n’a plus besoin de se faire davantage d’argent et ne manquerait pas tant de respect à ses fans… Enfin, j’espère pas. Par contre, je rigolais pas quand je disais que j’achèterais un livre comme ça.)
Par chance, cet unique défaut est compensé par l’idée que six autres tomes m’attendant à nouveau.

 L'évolution de la couverture française. 
Je remercie Folio d'ailleurs de ne pas avoir fait d'édition avec une couverture du film. J'adore les films aussi, hein, mais j'ai souvent horreur de voir l'affiche du film sur un livre. Ce n'est pas la même œuvre

Je dirais aussi que, pour de la Fantasy Jeunesse, le thème est suffisamment captivant pour passionner des enfants. Les adultes devront se mettre dans l’idée que ce livre est pour les gosses et devront prendre leur mal en patience jusqu’au tome 4 ou 5 au moins. Un enfant se laissera facilement charmé par cet univers nouveau, tandis que les adultes devront se laisser prendre au jeu. Malheureusement, les Vernon Dursley existent dans la vraie vie et considéreront toujours Harry Potter comme un vulgaire torchon. Mais il n’y a pas de remède contre le manque d’imagination ou l’absence de tolérance.

Harry Potter à l’École des sorciers est donc un livre facilement accessible, qui a fait parler de lui et qui fera encore parler de lui. Je considère le personnage aussi important que Sherlock Holmes : le détective à la loupe et au deerstalker (ugh, j’ai horreur d’assimiler ce chapeau à Sherlock Holmes mais enfin…) est une figure rattachée à la culture anglaise, tout comme le petit balafré à lunettes. Qu’on aime ou non, il faut reconnaître que J. K. Rowling a envoyé ses enfants dans le rang de mythe anglais et, selon moi, cette saga mérite tout le succès qu’elle mérite.

Et vous voulez que je sois honnête une dernière fois ? Il me suffit de me souvenir quand je lisais ce premier tome en allant à l’école, à la période d’Halloween et où je me prenais aussi pour une sorcière pour me mettre à pleurer par nostalgie, par joie, pour tout. Je pense que même à la fin de ma vie, je me dirai avec satisfaction « j’ai grandi avec Harry Potter et c’est l’une des meilleures choses qui me soit arrivée ».

Un dernier détail : avez-vous remarqué comment cette première couverture française dénonce le rôle cockblocker d'Harry ? Mais rapidement, qu'est ce qu'un cockblocker ? C'est ça :
Et oui, bizarrement, depuis la première année, Harry se met toujours entre ses deux amis. Il suffit de voir sur la couverture comment Ron fixe Hermione tout en tentant de dégager son précieux mais ô combien ubiquiste ami. Si, si, ça tient de l'analyse sérieuse.

Une dernière mention spéciale aussi à ma Cani, puisque cette série nous a énormément rapproché lors de notre rencontre en 4°. Qu’on est à Ravenclaw toutes les deux et qu’on en est fières, qu’on a chialé comme des gamines au cinéma lors de la Seconde Partie du Harry Potter 7 et que, mine de rien, on l’attend toujours notre fameuse lettre pour Poudlard !
C’est un peu la Sirius de mon Lupin comme on dit et j’espère qu’on se retrouvera encore dans 20 ans où on gueulera des formules magiques sur des jeunes ignorants (mais rappelle-toi, on a dit pas les Sorts Impardonnables).

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
Les initiales J. K. cachent les prénoms Joanne Kathleen Rowling. Mais son nom complet se limite à Joanne Rowling. Kathleen étant le prénom de sa grand-mère que l'auteur a ajouté pour son nom de plume.
• Au tout début, aucune maison d’édition n’acceptait le manuscrit de J. K. Rowling. Si Harry Potter s’est fait connaître du public, c’est qu’une amie de l’auteure, travaillant en maison d’édition, lui a laissé une chance. Et quelle chance, mes amis, quelle chance !
• Durant une interview, J. K. Rowlign explique que les premières idées d’Harry Potter ont émergé dans un train qui avait énormément de retard. Bloquée, son cerveau s’est mis à cogiter et elle-même avoue que beaucoup d’idées se sont perdues entre ce voyage et la rédaction du premier livre.
• Quand a donc débuté la réaction d’Harry Potter à l’école des Sorciers ? Au café The Elephant House qui se trouve, non pas à Londres, mais au 21 George IV Bridge à Edinburgh, en Écosse. Ce qui fait d’Harry Potter un écossais. J’avoue que c’est un sujet à débat, quoiqu’il en soit, le café proclame fièrement la pancarte « Birthplace of Harry Potter », de quoi être fier effectivement.


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Et une dernière preuve pour la route.

dimanche 14 octobre 2012

Silent Hill 2,

Sur une aire de repos, aux portes de Silent Hill, James Sunderland s'interroge. Comment sa défunte femme a-t-elle bien pu lui faire parvenir une lettre ? "Rejoins-moi dans notre lieu à nous." Qu'est-ce que cela peut vouloir dire ? La confusion et le malaise règnent dans son esprit. James est désormais à la croisée des chemins. Pour découvrir la vérité, il devra s'enfoncer dans l'épais brouillard de la ville et surmonter les cauchemars innommables qui l'habitent.
Résumé par Wikipédia
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Si vous demandez à un fan de Silent Hill (comme moi, par exemple) « Quel Silent Hill tu me conseillerais ? Je commence par lequel ? », je peux vous garantir que 98,9% vous diront de commencer par Silent Hill 2. Pour ma part, mon cœur balance entre le 2 et le 3, mais que je vous explique pourquoi Silent Hill 2 est celui qui met ses confrères au tapis.

             De toute manière, ce n’est pas la suite du premier Silent Hill,
Effectivement, si on vous conseille de commencer par le second Silent Hill alors que vous ne connaissez même pas le premier, dans une logique chronologique, vous risquez de vous perdre. Ici, pas du tout. Le numéro 2 ne veut strictement rien dire dans le scénario car aucun lien, si ce n’est la terrible ville fantôme Silent Hill qui connecte ces deux premiers opus. Les personnages sont entièrement différents, avec des buts différents, des révélations différentes…
Il est donc possible de terminer Silent Hill 2 sans toujours rien connaître du premier opus. Et inversement.

             Le premier opus est moche,
Bon. Présenté comme ça, c’est manquer de délicatesse : Silent Hill possédait quand même un design digne de ce nom pour l’année à laquelle il est sorti (1999). Mais tout de même… Son petit frère, sorti deux ans plus tard, offre quand même un aspect plus soigné, plus réaliste. Encore aujourd’hui, Silent Hill 2 n’a rien à envier aux jeux des années 2010... Si on fait abstraction de la façon de courir de James Sutherland, le personnage principal, qui est assez comique la première fois qu’on joue au jeu (et qui a fait le tour d'Internet dans le monde geek).

Il suffit de comparer. Le second opus à gauche, premier opus à droite.
 
             L’histoire est prenante,
Digne d’un polar, le mystère de la synopsis tient en quelques lignes : James Sutherland, veuf depuis quelques années déjà, reçoit une lettre récente de sa femme Mary, où elle explique qu’elle l’attend là où ils ont passé leur nuit de noces, à Silent Hill.
Perturbé, James se rend alors à Silent Hill mais là, aucune Mary ne l’y attend, si ce n’est une certaine Maria : sosie de son épouse défunte, mais dans le registre femme-fatale et séductrice. Le cauchemar psychologique commence. Les retournements de situations sont impressionnants, les personnages touchants et l’univers entier très perturbant.

             La bande musicale a pour surnom « eargasm »,
N’importe quel fan d’Akira Yamaoka vous le dira : sa musique rendrait jaloux les anges et les sirènes. Mais il y a toujours un chef d’œuvre chez chaque compositeur et le masterpiece d’Akira Yamaoka, c’est dans Silent Hill 2 qu’on le trouve. Eargasm (jeu de mots anglais entre ear (oreille) et orgasm (vous voulez vraiment une traduction ?!)) est donc un mot qui s’est collé à la BO du second opus et je vous laissez donc juger par cette qualité sonore.

             C’est l’opus de Pyramid Head,
Quel nom barbare que voilà. Pyramid Head. Ceux qui ne connaissent rien à Silent Hill ne verront pas du tout de qui je parle… Mais ceux qui ont vu au moins le film, je suis persuadée que vous vous souvenez de l’horrible bonhomme au casque triangulaire, d’une force monstrueuse et d’un silence mortuaire. Vous avez eu peur de lui dans le film ? Ce n’est rien par rapport au jeu où vous devrez l’affronter à de nombreuses reprises. Ici, il est immortel, violeur, arrivant à se téléporter et… [spoiler]il y en a plusieurs.[/spoiler]
Malgré tout, c’est un peu mon chouchou de tous les Silent Hill. Pyramid Head, c’est un monstre que j’adore vraiment, mais je fais tout pour ne jamais le croiser.
Les puritains ont d’ailleurs crié au scandale lorsqu’ils l’ont revu dans le cinquième opus Silent Hill Homecoming, car pour beaucoup : Pyramid Head, c’est dans Silent Hill 2 ou rien.

On aime tous Pyramid Head. Pas le choix.
 
             L’introduction déchire,
Je vous laissez juger, j’étais suffisamment perturbée par le concept Mary/Maria.

Maintenant que j’ai exposé les raisons du pourquoi Silent Hill 2 est un incontournable de la série des Silent Hill (et que, si vous voulez tester cette saga, il faut commencer par celui-ci), qu’en est-il maintenant de mon avis ?

Déjà, il faut savoir que Silent Hill est bien le jeu que je vénère en premier. C’est littéralement ma Bible des jeux-vidéo et je ne jure toujours que par cette saga. Puritaine que je suis, je ne supporte pas que l’on compare Silent Hill à Resident Evil. J’adore Resident Evil, ne vous méprenez pas, mais Silent Hill n’a rien à voir. Resident Evil est un survival horror typique, avec de l’action, du lourd…
Silent Hill, c’est une ville fantôme, de la neige cendrée, de la rouille ensanglantée. C’est de la peur physique, psychologique et cela nous hante de façon perverse au point qu’on en redemande. Ce n’est pas seulement des monstres dans le sens de vieux mythes, ce sont des cauchemars, littéralement ! [spoiler]Comme Pyramid Head qui représente le juge, celui qui a le droit de vie et de mort et condamne les coupables à errer dans la ville tant qu’ils n’auront pas payé leur dette[/spoiler]. C’est vraiment basé sur les peurs profondes, tout ce qui touche à notre propre curiosité malsaine, les sexualités perturbées, les enfances traumatisées… Si on devait parler en termes bouquin, Silent Hill serait le meilleur thriller fantastique.
Donc oui, Silent Hill 2 est un de mes Silent Hill préférés car il regroupe tout ce qu’un bon opus de cette saga peut offrir.

Silent Hill 2 aborde un aspect uniquement psychologique et marquera bien plus qu’une attaque de zombies ou de vampires. De plus, Pyramid Head est sûrement le monstre que je préfère, toutes créatures de films, livres, séries et jeux-vidéo confondues. Une dernière mention spéciale au personnage d’Angela qui est, d’après moi, le meilleur personnage de cet opus [spoiler]et regardez bien le monstre qui l’attaque, cet espèce de lit avec deux bêtes en train de « se battre »… Ça ne vous renvoie à rien comme image ?[/spoiler]. Je vous laisse donc sur son magnifique thème musical, qui est la perle de l’album, surtout quand on voit le moment où cette musique passe.


             Quelques anecdotes sur ce jeu,
• Le jeu a récemment été réédité pour aller sur Playstation 3, sous le nom de Silent Hill HD. Mais il existe également sur PC.
• Le début du jeu, quand il faut sortir des toilettes, a posé problème à une quantité incroyable de gamers. Moi-même, j'ai bien passé 20 minutes pour sortir de ces toilettes. Indications : la porte est caché à gauche, celle qui est à droite sert à rien. C'était l'anecdote-pratique.
• Silent Hill 2 est l'opus préféré du compositeur Akira Yamaoka. Quel fanboy.
• Les vêtements que portent Maria ont été (fortement) inspirés par une tenue de Christina Aguilera. Google vous le confirmera pour moi si vous tapez "christina aguilera silent hill".
• Les mannequins composés de deux paires de jambes (voir illustration plus haut) sont des monstres inspirés par le travail de l'artiste allemand Hans Bellmer.